Romero Britto, l'un des artistes contemporains les plus vendus au monde, expose ses œuvres à la Galerie Saint-Martin à Saint-Tropez durant tout l'été. Connu pour son « Happy Art », un art joyeux et coloré, il y présente peintures et sculptures, dont une Statue de la Liberté multicolore ornée de cœurs et de paillettes.
Un art du bonheur et de l'espoir
« Mon art parle du bonheur, de l'amour et de l'espoir », déclare Britto, fraîchement arrivé de Miami où il réside depuis quarante ans. Ses œuvres, aux couleurs saturées et aux motifs de cœurs, visent à apporter de la joie. Il s'inspire de Matisse pour les couleurs, de Picasso pour les compositions, mais aussi de Keith Haring et d'Andy Warhol.
Face aux critiques de certains puristes qui jugent son art trop commercial et « facile », Britto rétorque : « Les gens critiquaient aussi Picasso ou Warhol. Vous ne pouvez pas écouter tout ce qu'on dit. » Il ajoute : « Le rôle d'un artiste aujourd'hui n'est pas seulement d'enregistrer ce qui se passe dans le monde. Il est aussi d'inspirer, de créer des images que les gens puissent ramener chez eux. La vie est déjà suffisamment dure ainsi. »
Un parcours marqué par la pauvreté
Né dans les quartiers pauvres de Recife, au Brésil, dans une famille de neuf enfants, Britto a toujours trouvé refuge dans l'art. Faute de moyens, il peignait sur des journaux. Après avoir abandonné des études de diplomatie, il s'est installé à Miami, enchaînant les petits boulots tout en continuant à créer. « L'art a changé ma vie, il m'a amené dans des lieux et auprès de personnes que je n'aurais jamais imaginés », confie-t-il.
Le tournant survient au début des années 1990, lorsque la marque Absolut Vodka, après avoir travaillé avec Warhol et Haring, choisit Britto pour concevoir ses bouteilles. « Cela a été un tournant dans ma vie. Michel Roux a développé cette marque aux États-Unis et s'est intéressé à mon art. Il a toujours cru en moi », se souvient l'artiste.
Une première exposition à Saint-Tropez
À 62 ans, Britto expose pour la première fois à Saint-Tropez, une ville dont il rêvait depuis longtemps. « Je suis venu ici pour la première fois il y a presque trente ans. J'aime ce lieu. Beaucoup d'artistes sont passés ici ou y ont vécu. Mais c'est la première fois que j'y expose », explique-t-il. Malgré le succès, il continue de créer sans relâche dans son atelier à Miami. « Le plus grand problème, c'est le manque de temps. J'ai tellement d'idées ! »
Pour lui, peindre reste essentiel : « Peindre, c'est une façon de respirer et de vivre. Si je ne peignais plus, je serais triste. Je deviendrais fou ! »
La Galerie Saint-Martin : un honneur et une fierté
Stéphane Lafeuille, directeur de la Galerie Saint-Martin, a été contacté par l'équipe de Britto pour accueillir l'exposition. « C'est une fierté pour nous. C'est un artiste mondialement connu. À titre personnel, c'est aussi un honneur. C'est un artiste que j'ai découvert quand j'étais jeune. Je me souviens qu'il avait vendu des œuvres à Michael Jackson ; ça m'avait marqué de le voir à ses côtés », raconte-t-il.
Lafeuille qualifie Britto de « Warhol contemporain » et répond aux détracteurs : « Quand vous n'êtes pas connu, on ne parle pas de vous. Et quand vous avez du succès, vous êtes décrié. Il faut reconnaître sa notoriété et la manière dont son œuvre résonne à travers le monde. Il rend l'art universel et accessible à tous. »
L'exposition se tient à la Galerie Saint-Martin, 42 boulevard Louis Blanc à Saint-Tropez, ouverte tous les jours de 10h à 14h et de 16h à 20h.



