L'exposition L'art romain du Louvre. Un monde d'images, présentée au musée de la Romanité à Nîmes, rassemble plus de 110 objets issus des collections du Louvre. Selon Grégoire Dion, guide-conférencier du musée, l'objectif est de « remettre les vestiges dans leur contexte » et de « sortir du regard classique qui consiste à regarder un objet et dire qu'il est beau ».
Un casque de gladiateur thrace pour introduire le propos
Dès l'entrée du parcours, les visiteurs découvrent un casque de gladiateur thrace du Ier siècle après J.-C., orné d'une tête de Méduse et d'un petit griffon. « Ce casque résume tout le propos de l'exposition, explique Grégoire Dion. Il est vraiment bien décoré mais c'est un objet utilitaire, un casque pour protéger le gladiateur. Ça montre bien que les objets d'art romains vont toujours servir à quelque chose, ce n'est pas de l'art pour l'art. »
Le plus grand relief de l'exposition : un autel de cinq mètres
La deuxième partie de l'exposition illustre comment les objets servent à représenter individus, dieux et cités. La pièce maîtresse est un socle d'autel sculpté de cinq mètres de long, provenant de Rome. Ce relief, le plus grand de l'exposition, représente la vie civique : « On y voit plusieurs choses : le recensement dans la cité, le sacrifice au dieu Mars pour être sous sa protection, et la représentation du soldat partant à la guerre », détaille le guide. Les spécialistes divergent sur l'interprétation : certains y voient la fondation d'une cité, d'autres un simple recensement.
Le buste d'Épicure : art et distinction sociale
La troisième partie est consacrée à l'affirmation de l'art comme vecteur de messages politiques ou de distinctions sociales. Le buste du philosophe grec Épicure en est un exemple frappant. Les Romains ont rapporté de Grèce non seulement des œuvres mais aussi des idées philosophiques. « Quand on met ça dans sa maison, on veut montrer que l'on est cultivé, que l'on connaît Épicure, explique Grégoire Dion. On cherche à provoquer la discussion. » Ce buste n'a donc pas qu'une valeur décorative, mais aussi ostentatoire.
Des flacons en forme de cygne pour la toilette
La dernière partie du parcours s'intéresse au processus de création artistique, notamment la mimesis, c'est-à-dire l'imitation de la nature et du réel. Des flacons en verre en forme de cygne, datés du Ier siècle après J.-C., illustrent cette approche. « Ce sont des récipients pour la toilette, précise Grégoire Dion. On y met des onguents, des huiles, des parfums et on leur donne une forme particulière. » Ces objets allient valeur ostentatoire et usage pratique.
L'exposition L'art romain du Louvre. Un monde d'images se tient au musée de la Romanité, 16 boulevard des Arènes à Nîmes, jusqu'au 10 janvier 2027.



