Le feuilleton dure depuis que Vincent Bolloré a démis Olivier Nora de ses fonctions de patron de Grasset. Certains auteurs se mobilisent pour faire valoir leurs droits. Mercredi 13 mai, des États généreux de l’édition (oui : « généreux » et non « généraux ») se sont ainsi tenus au Théâtre de la Concorde, à Paris.
Des maîtresses de cérémonie engagées
Virginie Despentes, Vanessa Springora, Tania de Montaigne et Colombe Schneck en étaient les maîtresses de cérémonie. Dans une ambiance bonhomme et blagueuse, façon Radio Nova, différents intervenants ont pris la parole. Si certains ont tenu des propos raisonnables, soulevant telle ou telle interrogation légitime, d’autres semblaient n’être venus que pour amuser leurs camarades.
Un plaidoyer pour un statut social
Le plus divertissant fut sans doute Julien Delmaire, sosie non-officiel du Doc Gynéco grande époque. Il a milité en faveur d’un « statut social » pour les « artistes-auteurs ». Cet extrait de son intervention lunaire (disponible en intégralité sur YouTube) en donne la teneur :
« Nous n’avons toujours pas de congés payés en tant qu’artistes-auteurs. Nous n’avons pas de continuité de revenus, donc nous n’avons même pas la possibilité de toucher des indemnisations chômage, des indemnités en cas d’interruption de nos carrières. Pour réclamer des congés parentaux, c’est possible, mais c’est vraiment la croix et la bannière. En cas de burn-out – car les burn-out existent aussi chez les auteurs – eh bien pas de revenus ! Là c’est vraiment l’enfer qui s’ouvre sous les pieds des auteurs qui auraient pendant quelque temps lâché la rampe… Ce sont des situations qui nous paraissent un peu aberrantes au regard de la situation de l’ensemble des salariés. »
Cette intervention a suscité des réactions variées dans la salle, entre rires et approbations. Les organisatrices espèrent que ces États généreux déboucheront sur des avancées concrètes pour la profession.



