Hausse des carburants : lecteurs de Sud Ouest témoignent de leur galère
Carburants : lecteurs de Sud Ouest témoignent

Les lecteurs de Sud Ouest témoignent de l'impact de la hausse durable du prix des carburants. Ils partagent leurs difficultés et leurs stratégies pour préserver leur pouvoir d'achat alors que les prix à la pompe ont grimpé de 20 à 40 %.

Des retraités aux abois

Marie, retraitée à Coutras (Gironde), vit avec 750 euros par mois. Elle ne fait plus le plein depuis des années : « Je mets 20 ou 30 euros de gazole maximum selon mes besoins. Je dois aller régulièrement à l’hôpital de Libourne ou de Pessac. » Elle ne peut passer à la pompe que les quinze jours suivant le versement de sa retraite, le 9 de chaque mois. Le reste du temps, sa vieille Kangoo reste au garage. « Je suis obligée d’annuler certains rendez-vous médicaux. Je dois attendre trois ou quatre mois pour avoir un nouveau créneau avec un spécialiste. » Pour se loger, elle vit en colocation avec un ami.

Des économies de tous les instants

Catherine et Jacques, retraités d’Ambarès-et-Lagrave (33), vivent avec 2 100 euros par mois. Leur camping-car, rêve d’une vie, reste au point mort : « Avec le prix du gazole, on ne va pas pouvoir beaucoup rouler cette année. » Le couple a adopté des astuces : cueillette de fruits et légumes dans des fermes (Domaine de la Poste à Bedenac, en Charente-Maritime, et à Hourtin dans le Médoc). « La dernière fois, on a économisé 100 euros. » Ils fuient les hypermarchés, ne s’écartent jamais de leur liste de courses, et vont deux fois par mois dans un hard discount après avoir repéré les promotions.

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Pour les loisirs, ils privilégient les spectacles gratuits, restent à la maison, roulent beaucoup moins. Catherine zappe le coiffeur une fois sur deux et coupe les cheveux de son mari. Ils ont même dû arrêter les maraudes avec leur voiture pour une association d’aide aux sans-abri, ne pouvant plus assumer le prix du carburant.

Vider placards et greniers

Danielle, retraitée vivant seule dans un village isolé en Chalosse (Landes), parcourt 20 000 km par an. Elle a changé ses habitudes : « Je roule moins, je rationalise mes déplacements, je consomme moins. » Elle vend des objets lors de vide-greniers pour préserver son niveau de vie et faire plaisir à ses petits-enfants. Elle n’achète plus de vêtements neufs et optimise ses tenues comme on fait des menus.

Jean-Baptiste, chauffeur routier de 40 ans, habite en couple à Bussac-Forêt (Charente-Maritime). Il travaille à 40 km de chez lui et a parfois six heures de pause entre deux services, mais ne rentre pas chez lui à cause des frais d’essence. Pas de restaurant, pas de sortie le week-end, des marques de distributeur dans le chariot : « Pas le choix, mon employeur n’a pas voulu m’augmenter pour compenser la hausse des carburants. »

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