Le chômage repasse au-dessus de 8 %, un revers pour l’exécutif
Chômage : retour au-dessus de 8 %, un tournant symbolique

La barre n'est peut-être pas très haute, mais elle est symbolique : le taux de chômage repasse au-dessus des 8 %. Selon les chiffres publiés par l'Insee, celui-ci a atteint 8,1 % au premier trimestre 2026, soit une augmentation de 68 000 personnes, portant le nombre total de chômeurs à 2,6 millions. Ce résultat était attendu après un premier trimestre de croissance nulle et une dégradation progressive du marché de l'emploi depuis plusieurs mois. Il s'agit du plus haut niveau depuis le pic de 2020 et 2021 lié à l'épidémie de Covid et au confinement.

Un chiffre à nuancer

Bien sûr, ce mauvais chiffre mérite d'être nuancé. Une partie de la hausse du chômage depuis plusieurs mois provient de la mise en place de la loi pour le plein-emploi et de l'inscription automatique des bénéficiaires du RSA, estime l'Insee. Le taux d'emploi reste orienté à la hausse et le chômage des 15-24 ans est en baisse.

Cependant, beaucoup d'autres indicateurs négatifs s'accumulent. « Le nombre de jeunes ni en emploi ni en formation augmente, l'emploi en CDI recule légèrement et le taux de chômage de longue durée est en hausse », analyse l'économiste Sylvain Bersinger dans une note. Les intentions d'embauche fléchissent également.

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Fragilités du tissu productif

« Cette situation reflète aussi les fragilités du tissu productif français, entre baisse des recrutements, défaillances d'entreprises, pression concurrentielle et recul industriel », souligne Lucile Bembaron, économiste pour le cabinet Asterès, dans une autre note. Et le retour de l'inflation ne devrait pas arranger la situation.

Un mal chronique

Surtout, ce chiffre acte un tournant : l'objectif de plein-emploi (5 %), c'est-à-dire de réduction du chômage à son niveau frictionnel et structurel, ne sera pas atteint d'ici à la fin du mandat d'Emmanuel Macron. Selon les prévisions de l'OFCE, le chômage pourrait atteindre les 8,3 % d'ici à la fin de l'année.

Pourtant, l'exécutif a longtemps semblé sur la bonne trajectoire. Grâce aux réformes du marché du travail, de l'assurance-chômage, aux baisses de charge et au boom de l'apprentissage, la cible semblait atteignable. Entre 2017 et début 2023, le taux de chômage est ainsi passé de 9,5 % à 7,1 %, au plus bas depuis quinze ans.

L'espoir était devenu tangible : et si la France était enfin guérie de ce mal chronique, de sa « préférence pour le chômage », pour reprendre la célèbre expression utilisée par le chef d'entreprise Denis Olivennes il y a plus de trente ans ? Malheureusement, depuis fin 2024, la courbe s'est retournée, effaçant une partie des progrès obtenus. Il faut dire que l'embellie avait aussi été largement soutenue par les finances publiques, via le soutien à l'apprentissage et les « quoi qu'il en coûte » successifs, qui ont sauvé des sociétés viables mais aussi maintenu artificiellement en vie des entreprises zombies. Sans nier les effets positifs des autres réformes, leur résultat avait été dopé par ces perfusions.

Quelle promesse pour le prochain président ?

Quelle sera la promesse du prochain président ? Celle de François Hollande avait été d'inverser la courbe du chômage. Nicolas Sarkozy, avant lui, promettait aussi un retour au plein-emploi. Revenir à la moyenne européenne, ce serait déjà un véritable tournant. Dans la zone euro, le taux de chômage s'établit à 6,2 %. Chiche ?

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