La Société des réalisateurs de films (SRF) a annoncé qu'elle ne signerait pas la tribune intitulée « Zapper Bolloré », publiée le 24 juin 2026 dans Libération. Cette décision vise à éviter une rupture avec Canal+, diffuseur majeur du cinéma français, selon un communiqué interne consulté par l'AFP.
Une tribune qui divise le milieu du cinéma
La tribune, initiée par le collectif « Jamais sans mon cinéma », appelle à boycotter les chaînes du groupe Bolloré (Canal+, C8, CNews) pour protester contre ce qu'elle qualifie de « mainmise » du milliardaire sur les médias. Elle a recueilli plus de 1 500 signatures, dont celles de nombreux acteurs et réalisateurs. Mais la SRF, qui représente environ 1 800 cinéastes, a choisi de ne pas s'y associer.
« Nous comprenons les motivations des signataires, mais nous estimons que notre rôle est de préserver le dialogue avec Canal+, qui finance chaque année une centaine de films français », a expliqué la SRF dans son communiqué. Le groupe Canal+ investit en effet environ 200 millions d'euros par an dans le cinéma tricolore, selon les chiffres du Centre national du cinéma (CNC).
Des tensions historiques avec Bolloré
Les relations entre le monde du cinéma et Vincent Bolloré sont tendues depuis son arrivée à la tête de Vivendi en 2014. En 2021, la SRF avait déjà critiqué la ligne éditoriale de CNews, jugée trop à droite. Mais cette fois, la question du boycott direct a mis en lumière des divergences stratégiques.
« Certains de nos membres estiment qu'il faut rompre avec Bolloré, mais d'autres pensent que cela mettrait en péril le financement du cinéma d'auteur », a déclaré un porte-parole de la SRF à Libération. Le CNC rappelle que Canal+ est le premier financeur privé du cinéma français, avec 15% des budgets totaux.
Un appel à l'unité malgré tout
La SRF a appelé à « ne pas diviser le milieu » et à « trouver d'autres moyens de pression » pour défendre l'indépendance des médias. « Nous devons rester unis face aux menaces qui pèsent sur la création », a insisté l'organisation dans son texte. De son côté, le collectif « Jamais sans mon cinéma » a regretté la décision, mais a salué « le débat démocratique » qu'elle suscite.



