Né au pire moment de la pandémie de Covid-19, le World Film Festival in Cannes (WFFC) s'apprête à vivre sa sixième édition le samedi 27 juin à l'hôtel Pullman de Mandelieu-la-Napoule. Ce rendez-vous avant-gardiste, qui récompense le cinéma de demain, mise sur l'intelligence artificielle et les thématiques sociétales pour s'imposer sur la Croisette.
Un festival né du confinement
En 2020, alors que les salles obscures ferment leurs portes et que la culture est reléguée au second plan, Karolina Bomba fait un choix à contre-courant : créer un festival de cinéma en pleine crise sanitaire. « La culture ne pouvait pas s'arrêter de vivre, les artistes ne pouvaient pas non plus arrêter de s'exprimer », raconte la fondatrice. L'idée est née de la volonté de maintenir le lien entre créateurs et public, alors que le monde est paralysé.
Le concept séduit rapidement. Dès les premiers mois, des œuvres liées à des personnalités comme les acteurs oscarisés Jon Voight ou Clint Eastwood sont proposées. Aujourd'hui, le festival revendique des participants issus d'environ 140 nationalités, des créateurs de 9 à plus de 90 ans, et plus de 190 catégories couvrant le cinéma, la musique ou tout type de clips. « Notre but est de dénicher des perles rares dans tous les domaines », résume Karolina Bomba.
Une vision tournée vers l'intelligence artificielle
Le World Film Festival in Cannes revendique une place particulière dans les mutations du cinéma. Dès 2020, il crée la catégorie « Best Artificial Intelligence Film », devenant l'un des premiers festivals à récompenser des œuvres conçues avec l'aide de l'IA. Pour Karolina Bomba, l'IA ne doit pas être considérée comme une menace mais comme un nouvel outil de création. « C'est une technologie comme l'ont été avant elle les caméras ou les logiciels de montage », estime-t-elle. Le festival accompagne les artistes qui expérimentent ces nouveaux procédés, tout en affichant une exigence forte sur le respect du droit d'auteur.
Des thématiques sociétales en plein essor
Au fil des sélections mensuelles, les thématiques évoluent au rythme de la société. Les documentaires reçus abordent de plus en plus les questions de harcèlement, de violences faites aux femmes, de trafic humain, de santé mentale ou encore de dérèglement climatique. Pour la fondatrice, ces choix reflètent les blessures laissées par les dernières années. « On ressent encore les séquelles de la pandémie, c'est toujours là », analyse-t-elle.
Le 27 juin, Cannes accueillera une nouvelle fois des créateurs venus de dizaines de pays. Six ans après son lancement, le pari de Karolina Bomba continue de suivre son idée première : faire vivre le cinéma, sans attendre la fin d'une pandémie ou d'un quelconque conflit.



