Ted Lasso saison 4 : record d'audience et bienveillance
Ted Lasso saison 4 : record d'audience et bienveillance

La saison 4 de Ted Lasso a démarré en trombe sur Apple TV+, cumulant pas moins de 296 millions de minutes visionnées en seulement deux jours. Ce volet, présenté comme le dernier, s'est achevé le 7 octobre dernier, laissant les téléspectateurs orphelins de leur dose hebdomadaire de bienveillance et de bonne humeur.

Un phénomène de bienveillance né en 2020

Pour ceux qui auraient manqué le début de l'aventure, Ted Lasso met en scène un entraîneur de football américain (Jason Sudeikis), recruté par la richissime propriétaire d'un club de foot londonien. Il débarque au Royaume-Uni avec son acolyte Beard (Brendan Hunt), sans aucune connaissance du sport, mais avec une bonhomie sans limites. La série s'ouvre sur un coach incompétent, une boss ignoble, une équipe archi nulle et un coach assistant plutôt louche.

Mais loin de ces débuts peu engageants, Ted Lasso dégouline d'optimisme, de bienveillance et de ronds de jambe. C'est une fiction qui fait rire et qui fait du bien, encore plus face à la morosité ambiante. Le personnage de Ted Lasso en est l'instigateur par sa gentillesse, sa générosité, sa détermination, son empathie à toute épreuve et… ses biscuits. Il éclabousse tous les personnages, jusqu'au colérique et borné Roy Kent (Brett Goldstein).

Une série refuge qui a conquis le public

Ted Lasso est ce qu'on appelle une série doudou ou une série refuge, source de réconfort. C'est ce qui a fait son succès dès sa diffusion en 2020, en plein confinement. Isolés et anxieux, les téléspectateurs se sont engouffrés dans la brèche de l'espoir de retrouver chaque semaine des personnages bienveillants et empathiques, sans prise de tête. Les fans de la série sont nombreux à avoir affirmé que Ted Lasso les avait sauvés en abordant des sujets comme le divorce, le co-parenting ou la dépression, comme on peut l'entendre dans le podcast Talk Easy with Sam Fragoso avec Jason Sudeikis.

La série, créée par des hommes et traitant d'un univers typiquement masculin, met pourtant ses héroïnes sur un pied d'égalité. Rebecca Welton (Hannah Waddingham), richissime propriétaire du club fictif de l'AFC Richmond, est d'entrée de jeu la boss incontestée. Elle noue une sincère et profonde amitié avec la pétillante Keeley Jones (Juno Temple), une WAG reconvertie en responsable des relations presse. La série repose sur l'absence totale de rivalité entre ces deux femmes de caractère et de pouvoir.

Une sororité qui fait écho à la fraternité

Cette sororité se lit dès l'épisode 4 de la première saison. Alors que la froide Rebecca se montre vulnérable sur le tapis rouge du gala de charité de l'AFC Richmond, Keeley vient à sa rescousse sans hésiter. L'une et l'autre surmontent chaque épreuve grâce à ce soutien sans faille, face à la séparation, au deuil ou aux problèmes financiers. Cette amitié atteint son paroxysme lorsque Keeley est victime de la fuite d'une vidéo intime en ligne, et plus encore lorsqu'elle annonce à Rebecca, qui rêve d'être mère, qu'elle est enceinte. Cette sororité fait écho à la fraternité (The Diamond Dogs) du côté des vestiaires des hommes.

Le casting est de haut vol. Jason Sudeikis s'est illustré dans le Saturday Night Live pendant près d'une décennie. Autour de lui, Hannah Waddingham a fait ses armes au West End et à Broadway avant de débouler dans Game of Thrones ou Sex Education. Juno Temple, Brendan Hunt, Brett Goldstein, Jeremy Swift, Anthony Head ou Phil Dunster brillent également dans la série.

Alors oui, la série est peut-être mièvre et les intrigues téléphonées, comme certains l'estiment, mais force est de constater que les téléspectateurs, quatre saisons plus tard, sont toujours au rendez-vous. Peut-être que ces mêmes téléspectateurs ont besoin de cette joyeuse bande, de ce shoot de bienveillance et d'empathie, de ce quotidien sans anicroches, parce que c'est une bulle dans laquelle il fait bon de se réfugier. Une bulle qui a éclaté le 7 octobre dernier, à moins que les créateurs et producteurs de la série, comme son diffuseur, ne se décident à la renouveler.