Le thriller paranoïaque « Sueurs froides » (1958), réalisé par Alfred Hitchcock, est programmé ce jeudi 30 juillet à 23h25 sur TCM Cinéma. Ce film, qui mêle enquête policière, possession spirituelle et romance morbide, demeure une œuvre envoûtante malgré les décennies d'analyses et d'hommages.
Un scénario de culpabilité et de manipulation
Ancien policier rongé par la culpabilité depuis qu'une course-poursuite en altitude a entraîné la mort de l'un de ses collègues, John Ferguson (incarné par James Stewart) reprend du service à titre privé pour un ancien camarade de fac, Gavin Elster. Ce dernier lui demande de surveiller sa femme Madeleine, qu'il croit possédée par l'esprit torturé d'une vieille aïeule, Carlotta Valdes. Ferguson se laisse peu à peu envoûter par cette femme mystérieuse, interprétée par Kim Novak.
Un film aux motifs célèbres et à la mise en scène hypnotique
Comme le rappelle l'article de Guillaume Loison, les motifs de « Sueurs froides » — la spirale, la couleur verte évoquant le spectre morbide de Carlotta — sont aussi célèbres que les analyses de François Truffaut, qui écrivait qu'Hitchcock filme « les scènes d'amour comme des scènes de meurtre et les scènes de meurtre comme des scènes d'amour ». Le tournage lui-même est entré dans la légende : Kim Novak, choisie par défaut après l'indisponibilité de Vera Miles, fut martyrisée par le réalisateur. James Stewart, quant à lui, incarne un alter ego du cinéaste, tentant de reconstituer artificiellement un amour perdu.
Des hommages multiples qui n'épuisent pas le film original
Les hommages à « Sueurs froides » sont archi-connus. En 1976, Brian De Palma reprend dans « Obsession » le schéma de fétichisme mortifère qui sangle l'histoire d'amour de Madeleine et Ferguson. En 1980, il détourne la scène de voyeurisme au musée dans « Pulsions ». Puis en 1984, « Body Double » explore à nouveau les arcanes du chef-d'œuvre : échanges d'actrices, filatures érotisantes, machinations instrumentalisant un héros traumatisé. Pourtant, revoir le film original reste une expérience envoûtante, tant pour ses images devenues classiques que pour celles ayant échappé à notre sagacité.
Un regard social inattendu
L'article souligne un détail souvent négligé : le bref regard empli de nostalgie posé par Kim Novak, alors redevenue Judy, simple vendeuse sans envergure, sur une belle femme riche dînant dans le restaurant où elle rayonna quelques mois plus tôt, grimée en riche Madeleine. Loison y voit la preuve que Hitchcock est aussi un cinéaste social. « Sueurs froides » dure 2h05 et est disponible en multidiffusion et à la demande.



