Le prochain film de Christopher Nolan, adapté de l'Odyssée d'Homère, suscite une vive controverse entre la traductrice Emily Wilson et la romancière Joyce Carol Oates. Au cœur du débat : la fidélité de la traduction de Wilson, publiée en 2017, et son influence sur le scénario du film.
Les origines du conflit
Emily Wilson, professeure à l'Université de Pennsylvanie, est la première femme à publier une traduction anglaise complète de l'Odyssée. Son travail a été salué pour sa clarté et sa modernité, mais aussi critiqué pour certaines libertés prises avec le texte original. Joyce Carol Oates, auteure renommée, a exprimé publiquement son désaccord avec cette approche, estimant qu'elle trahit l'esprit homérique.
Selon des sources proches de la production, Nolan aurait consulté plusieurs traductions pour son adaptation, mais celle de Wilson serait la principale référence. Oates a alors publié une tribune dans une revue littéraire dénonçant ce choix, qualifiant la traduction de "simpliste" et "dépoétisante".
Les enjeux de la traduction
Emily Wilson défend sa méthode, qui vise à rendre le texte accessible sans sacrifier la richesse du grec ancien. Elle explique que son objectif est de redonner voix à un poème souvent obscurci par des archaïsmes. Dans un entretien donné au New York Times, elle affirme : "Chaque traduction est une interprétation. La mienne cherche à restituer la vivacité et la complexité des personnages."
Cette querelle met en lumière les défis de la traduction littéraire, surtout lorsqu'elle sert de base à une adaptation cinématographique. Les experts soulignent que le travail de Wilson a déjà influencé de nombreux chercheurs et lecteurs, mais que les critiques d'Oates ne sont pas isolées. Une dizaine d'universitaires ont signé une pétition demandant à Nolan d'utiliser plusieurs sources pour son film.
Impact sur le projet de Nolan
Christopher Nolan, connu pour son souci du détail, n'a pas encore réagi publiquement. Mais ses collaborateurs indiquent qu'il suit le débat avec attention. Le film, dont la sortie est prévue pour 2027, devrait être l'un des plus attendus de la décennie. Le budget initial est estimé à 250 millions de dollars.
Cette polémique a ravivé l'intérêt pour les traductions de l'Odyssée. Les ventes de la version de Wilson ont augmenté de 40% depuis la controverse, selon son éditeur. Parallèlement, l'édition d'Oates d'extraits commentés a été annoncée pour l'automne prochain.
Réactions du milieu littéraire
De nombreux auteurs ont pris parti. L'écrivaine Margaret Atwood a défendu Wilson dans un tweet, saluant "une traduction qui rend Homère vivant". En revanche, le poète John Kinsella s'est rangé du côté d'Oates, dénonçant une "perte de la musicalité antique".
La bataille s'annonce épique, mais elle pourrait aussi enrichir le débat sur la transmission des classiques. Alors que Nolan peaufine son scénario, les regards sont tournés vers cette confrontation entre deux femmes de lettres qui incarnent deux visions de la culture.



