Nicolas Winding Refn revient avec Her Private Hell après sa crise cardiaque
Refn de retour avec Her Private Hell après sa crise cardiaque

Nicolas Winding Refn, le réalisateur de Drive, signe son grand retour avec Her Private Hell, présenté à Cannes et à Deauville. Ce nouveau film est né d'une expérience de mort imminente : le cinéaste a frôlé la mort pendant vingt-cinq minutes à la suite d'une crise cardiaque. « Je n'avais plus aucune inspiration, puis, après avoir frôlé la mort pendant vingt-cinq minutes à la suite d'une crise cardiaque, je suis revenu comme un homme neuf », confie-t-il. Ce retour à la vie a bouleversé sa carrière, lui qui n'avait pas réalisé de film depuis The Neon Demon en 2016.

Un projet né d'une seconde chance

L'actrice Sophie Thatcher, révélée dans la série Yellowjackets et le film d'horreur Companion, a été immédiatement séduite par le projet. « Nicolas m'a donné deux heures pour lire le scénario et j'ai été tout de suite embarquée », se souvient-elle. L'histoire a ensuite beaucoup évolué au fil d'un tournage très stimulant, selon ses dires. Pour le spectateur, l'expérience est tout aussi étonnante : Her Private Hell demande davantage de se laisser emporter dans l'aventure que d'essayer de comprendre chaque péripétie.

Un voyage envoûtant et sensoriel

Sur le papier, l'intrigue peut sembler simple : Sophie Thatcher incarne une comédienne poursuivie par un tueur redoutable, lui-même traqué par un père inquiet pour sa fille disparue. Mais Nicolas Winding Refn oblige, le film part dans un délire visuel digne de ce cinéaste qui n'a jamais eu peur de brouiller les pistes. « Les sensations que j'ai ressenties à l'hôpital m'ont fait faire un voyage quasi mystique que j'ai essayé de retrouver dans le film », raconte-t-il. L'imagination débordante du cinéaste est soutenue par une partition envoûtante de Pino Donaggio, le compositeur fétiche de Brian De Palma, donnant l'impression de plonger dans un monde riche en couleurs et sensations.

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La musique comme langage, les femmes comme fantasmes

Pour Sophie Thatcher, la musique est un élément central de la méthode de Refn. « La musique est un ingrédient capital pour Nicolas », insiste-t-elle. « Nous nous sommes beaucoup retrouvés sur ce point. Il pouvait se faire comprendre en me faisant écouter des chansons ou des morceaux afin de me faire éprouver les émotions de mon personnage. » La jeune femme semble avoir trouvé tout naturellement sa place dans l'univers du cinéaste, où l'on rencontre aussi Charles Melton, Kristine Frøseth et Havana Rose Liu.

Her Private Hell, qui rend hommage à David Lynch et Mario Bava, n'est pas exempt de lenteurs ni de sexualisation appuyée de ses héroïnes. « Je filme les femmes comme des fantasmes mais je n'ai rien d'un macho », insiste le réalisateur. Sophie Thatcher confirme cette profession de foi : « Nicolas est l'une des personnes les plus attentives aux autres que j'ai jamais rencontrées. Il ne m'a jamais mise mal à l'aise. Je retravaillerai avec lui dès que possible ».

Une seconde carrière qui commence

Nicolas Winding Refn n'attendra pas dix ans pour reprendre le chemin des plateaux. « Mon retour à la vie m'a donné une seconde chance dont j'ai bien l'intention de profiter tant professionnellement qu'humainement », martèle-t-il. « Her Private Hell marque la deuxième période de mon existence et je me suis juré de ne pas la gâcher. » Ce film foisonnant confirme qu'il a retrouvé son énergie et son talent, et promet une nouvelle ère pour ce cinéaste visionnaire.

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