Patrick Sabatier, célèbre animateur de télévision, fait ses premiers pas de comédien dans le téléfilm Meurtre à Epinal, diffusé à 21h10 sur France 3. Dans cette fiction policière, il partage l'affiche avec Sabine Perraud, connue pour son rôle de Constance dans Ici tout commence. L'histoire : le directeur de l'Imagerie d'Epinal est retrouvé mort, les mains coupées et la langue arrachée. La capitaine Alice Fournier mène l'enquête, épaulée par le commandant Emile Cabat.
Un premier refus, puis un casting convaincant
Pour l'animateur de 74 ans, qui retrace ses cinquante ans de carrière dans son livre Souviens-toi, c'était un mercredi (éditions du Rocher, octobre 2025), cette aventure a commencé par un refus. « J'ai d'abord dit que je n'allais pas le faire, parce que ce n'est pas mon métier, confie-t-il à 20 Minutes. J'ai passé un casting pour leur prouver que j'étais un mauvais choix. Mais je dois faire mon mea culpa, parce que quand je regarde les images de cette audition, je me trouve passable. Je n'ai pas honte. »
Tout a commencé il y a deux ans, lors d'une interview pour la promotion de son livre Ne le dis surtout pas à Paul. Il révèle alors qu'il regardait Hélène et les garçons avec ses enfants. L'anecdote est arrivée aux oreilles de Jean-Luc Azoulay, créateur et producteur du feuilleton de TF1, qui l'a appelé pour lui proposer un rôle dans la collection Meurtre à.... Une idée qui a séduit la direction de la fiction de France Télévisions.
Des leçons de cascades et une préparation intensive
Patrick Sabatier s'est préparé sérieusement, allant jusqu'à apprendre à effectuer des cascades pour une scène. Il redoutait surtout de ne pas retenir ses répliques. « L'été 2025 a été perturbé et perturbant pour tous ceux qui passaient les vacances dans notre maison en Provence. Quand je sentais que quelqu'un était sur le point d'aller se baigner ou de faire la sieste, je le suivais et je lui demandais : "Fais-moi réciter la page 27." À un moment, Isabelle [son épouse] me dit : "Stop. Un, je ne viendrai pas avec toi sur le tournage à Epinal parce que ça va être insupportable. Deux, remonte à Paris si tu veux, mais lâche-nous !" Je ne suis pas remonté à Paris, je ne les ai pas lâchés, mais je connaissais mon texte (sourire). »
Le tournage a débuté à l'automne 2025. Patrick Sabatier s'en est remis au réalisateur David Ferrier : « Jusque-là, dans tout ce que je faisais, je m'autodirigeais. Là, je m'en suis remis au réalisateur. J'ai fait exactement ce qu'il me demandait, sans chercher à comprendre si c'était bien ou pas bien, ou quelle valeur de plan serait utilisée. Je dois rire ? Je ris. Je ne dois pas rire ? Je ne ris pas. »
Un moment de fierté lors du tournage
Son meilleur souvenir est un monologue de près de trois minutes. « Il était 22 heures, David voulait l'enregistrer en plusieurs parties parce qu'elle est longue. J'ai demandé qu'on la tourne dans la continuité et à ce que la répétition soit filmée. Il a réorganisé ses caméras et m'a laissé faire. J'ai joué et, au cut [au « coupez ! »], les techniciens m'ont applaudi. » Pour Patrick Sabatier, ce fut un moment de « fierté » : « Je sais que le regard des techniciens est important. Je sentais que j'avais été à la hauteur. Je me la suis pétée grave après », rit-il.
Malgré cette expérience réussie, Patrick Sabatier n'envisage pas de rejouer à tout prix. « Je ne me ferme pas les portes, mais je ne ferai rien, que ce soit un téléfilm ou de la télévision, si cela ne s'intègre pas bien dans l'équilibre que j'ai trouvé aujourd'hui entre ma vie privée et mes projets professionnels, précise-t-il. Par exemple, j'ai récemment refusé une émission quotidienne sur une grosse radio parce qu'elle était quotidienne. »