Le film L'Être aimé, réalisé par Rodrigo Sorogoyen, est projeté cette semaine à Saint-Chély-d'Apcher. Il met en scène un subtil duel entre un père cinéaste au caractère difficile et sa fille, une jeune comédienne effacée en pleine émancipation, lors d'un tournage sous le soleil de l'Espagne. Ce film de caractère, centré sur les personnages et les acteurs, se distingue des précédents films du réalisateur madrilène par son approche plus intime que sociale.
Un suspense familial psychologique
La richesse et l'intelligence psychologiques du film constituent l'étoffe de son suspense familial. Sorogoyen réussit le brillant portrait de deux personnages que tout oppose, mais que le cinéma finit par rapprocher : le père tente de faire oublier son passé peu reluisant, tandis que sa fille apprend à accepter cet ours difficile. Le film est porté par deux acteurs sublimes, dont un Javier Bardem impressionnant.
Des moments de mise en scène remarquables
Le film offre plusieurs grands moments de mise en scène, notamment une très longue scène de dialogue en ouverture, montée de main de maître et millimétrée dans ses cadres. Une formidable séquence de tension sur le tournage dépeint une violence sourde, lancinante et insupportable. Sorogoyen s'avère un brillant réalisateur, capable de plans sublimes évoquant Antonioni et de variations de registres spectaculaires.
Un film à l'ancienne mais profond
Avec L'Être aimé, Sorogoyen offre son film le plus simple en apparence, mais sûrement le plus profond en matière d'étude des caractères. On ne peut lui reprocher peut-être que son côté à l'ancienne, peu moderne dans sa manière de filmer les acteurs et d'écrire le scénario. Selon la critique de Fabrice Andrivon, c'est un très beau film, tout simplement.



