À Locarno, un cru entre racines et zèle
À Locarno, un cru entre racines et zèle

La 79e édition du Festival de Locarno, qui se tient du 6 au 16 août, s'ouvre avec une sélection qui marie des racines documentaires affirmées et un zèle compétitif de mise. Cette année, la manifestation suisse met en avant des œuvres qui explorent les territoires intimes et politiques, avec une attention particulière portée aux cinémas émergents.

Une compétition internationale éclectique

La compétition internationale, qui décerne le prestigieux Léopard d'or, compte 17 films en lice. Parmi eux, des réalisateurs confirmés et des découvertes. Le cinéaste indien Payal Kapadia, dont le film « All We Imagine as Light » a été primé à Cannes, préside le jury de cette édition. Elle succède à un palmarès qui a souvent récompensé des œuvres audacieuses et politiques.

La sélection officielle comprend également des films suisses comme « Les Paradis de Diane » de Carmen Jaquier et Jan Gassmann, déjà présenté à Sundance, et « La Récréation de juillet » de Pablo Larraín, hors compétition. Les cinéastes helvétiques sont particulièrement représentés, avec des œuvres qui interrogent la mémoire et l'identité.

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Des racines documentaires affirmées

Le festival met l'accent sur le documentaire, avec une section « Semaine de la critique » qui propose des premiers et deuxièmes films. Des œuvres comme « L'Île rouge » de Robin Campillo, qui évoque l'enfance à Madagascar, ou « Le Procès du chien » de Lancelot Hamelin, explorent des récits personnels ancrés dans l'histoire. Cette tendance reflète une volonté de revenir aux sources du cinéma, loin des formats standardisés.

Le réalisateur français Nicolas Philibert, connu pour ses documentaires sensibles, bénéficie d'une rétrospective. Son film « Sur l'Adamant » a remporté l'Ours d'or à Berlin en 2023, confirmant la vitalité du genre. À Locarno, ses œuvres sont présentées dans leur intégralité, offrant un panorama de son travail.

Un zèle compétitif et des enjeux économiques

Au-delà de la programmation, le Festival de Locarno joue un rôle crucial pour l'industrie cinématographique. Avec plus de 4 000 professionnels accrédités, il constitue un rendez-vous incontournable pour les ventes internationales. Cette année, l'accent est mis sur les coproductions, avec des marchés dédiés aux projets en développement.

Le festival s'engage également dans une démarche écologique, avec une réduction de 20 % de son empreinte carbone par rapport à l'année précédente, selon les organisateurs. Des navettes électriques et des gobelets réutilisables sont mis en place, une initiative saluée par les festivaliers.

Enfin, les prix seront décernés le 16 août, avec une cérémonie qui promet de récompenser le meilleur de cette sélection. Les enjeux sont élevés pour les cinéastes, qui voient à Locarno une vitrine internationale unique.

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