Deux fois par semaine, les résidents de l'Ehpad La Pierre de la Fée à Draguignan troquent leur fauteuil contre la salle de gym pour des séances de gym douce. Pendant trente minutes, échauffements, renforcement musculaire et étirements sont au programme, avec pour objectif de préserver l'autonomie et de réduire les risques de chute.
Une séance de trente minutes pour réveiller les articulations
« Allez, on se réveille ! » lance M. Cixous, coordinateur social de l'Ehpad, à la petite troupe d'une vingtaine de retraités. Passé 80 ans, le réveil musculaire est plus lent, mais qu'importe, il faut s'y coller. Assis en cercle sur une chaise ou un fauteuil roulant, les résidents suivent les mouvements de leur professeur, comme des élèves appliqués. « On utilise la technique de l'effet miroir pour que les résidents suivent les exercices, c'est ce qui fonctionne le mieux », explique l'animateur.
La séance débute par l'échauffement des bras, puis des articulations, avant de passer à la musculation et aux étirements. « On regarde à gauche, puis à droite… », enchaîne M. Cixous, tandis que les résidents s'exécutent. « Allez, Martine ! » encourage-t-il, alors que la résidente s'efforce de suivre la cadence malgré des articulations rouillées.
Adeline, 102 ans, ne manque aucune séance
Adeline, doyenne de l'établissement qui soufflera bientôt ses 102 bougies, se prête volontiers à l'exercice, même si ce n'est pas une partie de plaisir. « Je fais ce que je peux, mais c'est vrai que je ressens des douleurs, surtout aux bras et aux genoux. Ces exercices sont nécessaires, ils maintiennent mon peu de forme. Vous savez, j'ai du mal à me déplacer, je dois tout faire en fauteuil, c'est difficile… », confie-t-elle. Le regard vif derrière ses petites lunettes carrées, elle ne manque aucune activité sportive proposée par l'Ehpad, autant pour s'occuper l'esprit que pour entretenir le corps.
Gérard, 85 ans, affiche une forme olympique
« Attention, c'est parti pour… la montée de genoux ! » lance M. Cixous. Les talons décollent un à un du sol, dans un martèlement sourd. « 13, 14, 15… et on relâche. » Un seul aurait pu tenir quinze de plus : Gérard. À 85 ans, le résident affiche une forme quasi olympique, et il en est fier. Encore capable de se déplacer sans fauteuil, il ne boude pas son plaisir lorsqu'il s'agit de faire travailler ses muscles. « Vous voulez que je me lève ? », répond-il, un sourcil relevé, mi-défi mi-sourire. Et en quelques mouvements, le voilà debout face à son fauteuil, avançant un pied après l'autre avec une démarche assurée. « J'ai eu des bons et des mauvais jours, mais là je suis en forme. Je fais tous les exercices proposés et je vais souvent me balader dans le parc avec ma famille. C'est bon à faire, ça permet de mesurer sa force », confie-t-il.
Dans la salle, la température grimpe d'un cran : bras balancés de haut en bas, battements de jambes… les fauteuils roulants semblent transpirer autant que ceux qui les occupent.
Des exercices pour réduire les chutes
Ces séances de gym douce, organisées deux fois par semaine à 11 h 30 pendant une trentaine de minutes, sont pensées pour respecter les capacités de chacun. Peu traumatisantes pour les articulations, elles ciblent en particulier les épaules, les bras, les genoux et les pieds. « Cette forme d'exercice est idéale pour réduire les risques de chutes, maintenir l'autonomie et aider à réduire les douleurs musculaires et articulaires chez les résidents », précise M. Cixous. En plus de ces bienfaits, ces exercices ont l'avantage d'ouvrir l'appétit. Le corps chaud, la main posée sur la roue de leur fauteuil, Adeline et Gérard pourraient presque se lancer dans une course jusqu'à la cantine.



