Le troisième long métrage d'Avril Besson, «Les matins merveilleux», débarque sur les écrans ce mercredi 28 juillet. Après «Sous les pavés» et «L'été des enfants perdus», la réalisatrice signe une œuvre plus intime, centrée sur le regard d'une enfant de huit ans, Alma, interprétée par la jeune révélation Lise Martin.
Un récit entre rêve et réalité
Alma vit dans un petit village de la Drôme. Son quotidien est rythmé par les absences de sa mère, partie travailler à la ville, et la présence discrète de son grand-père, ancien horloger. Pour échapper à la solitude, elle invoque chaque matin un monde merveilleux peuplé de créatures fantastiques. Le film mêle avec subtilité le réalisme social et la poésie onirique, grâce à des effets spéciaux artisanaux et une photographie soignée signée Claire Mathon.
Besson évite l'écueil du misérabilisme. Elle filme la pauvreté sans pathos, préférant montrer la force créatrice de l'enfance. La caméra épouse le point de vue d'Alma, rendant palpable son imagination débordante. Les adultes, filmés en plans larges, apparaissent souvent flous ou lointains, symboles d'un monde incompréhensible.
Un casting remarquable
Outre la performance habitée de Lise Martin, le film bénéficie du jeu subtil de Denis Podalydès en grand-père taiseux et de Judith Chemla, vue dans «Le monde est à toi», qui incarne une mère épuisée mais aimante. Leurs interactions, minimalistes, disent beaucoup en peu de mots.
La bande originale, composée par Bertrand Causse, mêle piano, cordes et bruitages naturels (cris d'oiseaux, vent, tic-tac d'horloge). Elle renforce l'atmosphère suspendue du film, entre veille et sommeil.
Un accueil critique unanime
À sa sortie, «Les matins merveilleux» a reçu un accueil enthousiaste de la presse. Le Monde y voit «un petit bijou de sensibilité», tandis que Les Inrockuptibles salue «une mise en scène aérienne qui rappelle le cinéma de Jacques Doillon». Le film totalise déjà 4,5 étoiles sur 5 dans les sondages AlloCiné, signe d'un bouche-à-oreille prometteur.
Certains critiques ont toutefois noté un rythme parfois languissant dans le deuxième acte, mais la majorité souligne la cohérence esthétique et l'émotion qui se dégagent de l'ensemble.
Un thème universel
Au-delà de l'histoire singulière d'Alma, Besson aborde des questions universelles : le deuil, l'absence parentale, le pouvoir de l'imaginaire comme refuge. Le film n'apporte pas de réponse définitive, mais invite à une réflexion douce-amère sur la résilience. Il pourrait toucher un large public, des enfants aux adultes, grâce à sa double lecture.
«Les matins merveilleux» est distribué par Haut et Court dans une centaine de salles en France. Il dure 1h36. La sortie en salles est accompagnée d'un livret pédagogique pour les écoles, initiative rare qui souligne la portée éducative du film.



