Le Train sifflera trois fois : un classique secret sur la chasse aux sorcières
Le Train sifflera trois fois : chasse aux sorcières secrète

Sorti en 1952, Le Train sifflera trois fois (High Noon) est bien plus qu'un western classique. Selon une analyse récente de l'historien du cinéma Jean-Michel Frodon, ce film de Fred Zinnemann racontait en secret la chasse aux sorcières du maccarthysme qui sévissait alors à Hollywood.

Un western allégorique

Le film met en scène le shérif Will Kane, interprété par Gary Cooper, qui doit affronter seul une bande de criminels revenus pour se venger, tandis que les habitants de la ville l'abandonnent. Cette trame est une métaphore directe de la liste noire et des procès intentés par la Commission des activités anti-américaines de la Chambre, qui détruisirent de nombreuses carrières.

Frodon souligne que le scénariste Carl Foreman, qui fut lui-même convoqué par la commission et mis sur liste noire, a insufflé cette dimension politique dans le récit. Foreman a d'ailleurs dû s'exiler au Royaume-Uni après la sortie du film.

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Un contexte historique tendu

En 1952, le maccarthysme battait son plein. Plus de 300 professionnels d'Hollywood furent inscrits sur la liste noire, empêchés de travailler. Le Train sifflera trois fois fut perçu par certains critiques de l'époque comme une critique voilée de cette persécution. Le film reçut un accueil mitigé aux États-Unis, mais fut un succès international, remportant quatre Oscars, dont celui du meilleur acteur pour Gary Cooper.

Selon Frodon, le personnage de Kane incarne l'individu courageux face à la lâcheté collective, un parallèle avec les artistes qui refusèrent de dénoncer leurs collègues. Le film reste un exemple de la manière dont le cinéma a pu contourner la censure pour délivrer un message politique.

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