«Le garçon qui faisait danser»: Georgi M. Unkovski ne déplace pas des montagnes
«Le garçon qui faisait danser»: Unkovski ne déplace pas des montagnes

Un film qui manque de souffle

Avec son titre poétique «Le garçon qui faisait danser les collines», le réalisateur géorgien Georgi M. Unkovski promet un voyage initiatique au cœur des montagnes du Caucase. Malheureusement, le résultat est à l'image de son protagoniste : trop discret pour marquer les esprits. Le film, présenté en compétition dans plusieurs festivals, raconte l'histoire d'un jeune berger, Lado, qui découvre un don mystérieux pour faire vibrer la nature. Mais cette fable écologique et spirituelle s'essouffle rapidement.

Un scénario trop linéaire

Le scénario, écrit par Unkovski lui-même, suit un chemin trop balisé. Lado, interprété par le jeune acteur non professionnel Giorgi Kukhianidze, erre de village en village, rencontrant des personnages stéréotypés : le sage ancien, la femme fatale, le méchant exploitant. Chaque étape semble prévisible, et les rebondissements manquent de surprise. La relation entre Lado et sa mère, pourtant centrale, est à peine esquissée. On reste sur sa faim.

Une réalisation académique

Sur le plan technique, Unkovski use d'une photographie soignée mais sans audace. Les plans larges sur les paysages géorgiens sont magnifiques, mais ils ne suffisent pas à créer une atmosphère envoûtante. La bande-son, mélange de chants traditionnels et de musique électronique, détonne parfois. Le réalisateur semble hésiter entre réalisme magique et drame social, sans jamais trancher. Cette indécision nuit à la cohérence de l'ensemble.

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Un message écologique louable mais maladroit

Le film entend dénoncer la destruction des montagnes par l'exploitation minière et le tourisme de masse. Ce message est louable, mais il est délivré avec une lourdeur qui frôle le didactisme. Les dialogues explicatifs alourdissent le récit, et les symboles (les collines qui dansent, les arbres qui parlent) manquent de subtilité. On pense à certains films de Terrence Malick, mais en moins inspiré.

Des interprètes inégaux

Les acteurs, majoritairement non professionnels, apportent une certaine authenticité, mais leur jeu manque de nuances. Le jeune premier Giorgi Kukhianidze a un charisme certain, mais il est mal desservi par des dialogues parfois artificiels. Les seconds rôles, comme le chef de la mine interprété par un acteur chevronné, tombent dans la caricature. Seule la performance de l'actrice jouant la mère, Nino Kasradze, parvient à émouvoir par sa retenue.

Un film pour public averti

«Le garçon qui faisait danser les collines» s'adresse à un public amateur de cinéma contemplatif et de fables écologiques. Mais ceux qui cherchent une œuvre marquante risquent d'être déçus. Le film manque de cette étincelle qui fait vibrer les salles obscures. On sort de la projection avec un sentiment d'inachevé, comme si le réalisateur avait peur de déplacer des montagnes. Reste que la beauté des paysages géorgiens et la sincérité du propos méritent un coup d'œil, surtout pour les amoureux de la nature.

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