Le film d'animation Le Corset de Louis Clichy a été triplement récompensé au Festival d'Annecy, remportant le Prix du Jury, le Prix du Public et le Prix de la Fondation Gan pour le cinéma. Ce long-métrage, déjà découvert dans la section Un certain regard à Cannes, raconte l'histoire d'un enfant mal dans son corps qui s'épanouit grâce à la musique, une histoire profondément inspirée par l'enfance du réalisateur dans la Beauce.
Une inspiration personnelle et un hommage à la Beauce
Louis Clichy puise dans son vécu pour construire le récit. « J'ai réellement porté un corset et il m'arrive encore d'avoir à le porter aujourd'hui, explique-t-il. Cet élément a été capital pour développer mon imagination, un peu comme si mon corps m'avait contraint à m'échapper autrement. » Le réalisateur insiste toutefois sur le caractère non autobiographique du film : « Le garçon me ressemble par certains côtés mais j'ai aussi puisé dans les souvenirs de personnes que j'ai rencontrées. »
Le jeune héros, suivi du CM2 à la 5e, évolue dans un univers rural où son père, fermier menacé par la ruine, tente de s'en sortir. Le film met en scène des personnages hauts en couleur, dont une adolescente délurée et un curé doublé par Jean-Pascal Zadi. L'organiste qui change la vie du gamin est quant à lui interprété par Alexandre Astier, avec qui Louis Clichy a cosigné deux films d'Astérix : Le Domaine des dieux et Le Secret de la potion magique. Astier a également contribué à la production du film.
Une esthétique épurée et un travail artisanal
Le graphisme du film est volontairement épuré, avec une touche d'aquarelle qui apporte une magie supplémentaire. Cécile Guillard, directrice artistique, explique la démarche : « On a fait des repérages ensemble sur place en se perdant dans la campagne. Louis souhaitait que nous en retrouvions la rudesse par la simplicité du trait au pinceau et à l'encre de Chine mais aussi le côté coloré des saisons. » Cette épure naît du travail artisanal des animateurs, qui confèrent au film une identité visuelle unique.
La vie difficile des agriculteurs constitue un thème central du récit, puissant et contrasté par la splendeur des paysages. Gary, le fils de Louis Clichy, prête sa voix au héros, renforçant le caractère familial du projet.
Une bande-son originale et un message d'optimisme
Le choix musical est éclectique, allant de Comme un ouragan chanté par Stéphanie de Monaco au Requiem de Gabriel Fauré. Louis Clichy confie : « Ces choix sont vraiment personnels. J'ai beaucoup travaillé sur la bande-son en mettant aussi en valeur la nature avec le vent, les moteurs, tout ce qui fait l'univers sonore du héros. » Le réalisateur a cherché à éviter la mièvrerie : « J'ai voulu éviter la mièvrerie », insiste-t-il.
Malgré les épreuves traversées par le jeune garçon, le film est profondément lumineux. « C'est une histoire de famille et l'histoire d'une famille qui ne se sent pas à l'aise dans son milieu et qui évolue vers une vie meilleure », déclare Louis Clichy. Le Corset séduit par son optimisme et son esthétique magique, confirmant le talent de son réalisateur après ses succès sur Astérix.