Le nouveau film de Stéphane Demoustier, La Chaleur, sort en salles le 8 juillet 2026. Cette adaptation du roman de Victor Jestin suit Marouane, 17 ans, lors d'une dernière nuit de vacances en camping. Sérieux et inhibé, le jeune homme se retrouve malgré lui responsable de la mort d'un garçon de son âge. Le réalisateur construit un suspense efficace sous l'apparence d'une journée estivale ordinaire.
Un adolescent englué dans un cauchemar caniculaire
Hadrien Hussein, débutant au regard perdu, incarne Marouane avec un physique de l'emploi. Le personnage glisse doucement vers la culpabilité, chacune de ses décisions pour dissimuler le meurtre le trahissant un peu plus. La chaleur écrasante agit comme un opiacé, engourdissant les sens et altérant les esprits. Demoustier joue des conditions lymphatiques du récit – adolescent ramolli, touffeur accablante – pour créer une tension sourde.
Une mise en scène d'horloger et de psychologue
Le cinéaste évoque des références comme La Dame du vendredi (Howard Hawks, 1940) ou Jugé coupable (Clint Eastwood, 1999), où les héros sont empêchés de s'atteler à l'essentiel. Marouane court contre la montre mais avance au ralenti, parasité par un ami collant, un coup de chaud et une gendarmette soupçonneuse. Demoustier règle ce bad trip avec sobriété, sans frime ni overdose symbolique. Il dresse le portrait implacable d'un grand enfant à la dérive, ballotté par le doute et rattrapé par ses fantasmes : supprimer un rival, se complaire dans la peau d'un meurtrier.
Un film à voir cette semaine
La Chaleur fait partie des sorties de la semaine, aux côtés de Evil Dead Burn et Le Passage. Le film dure 1h32 et est distribué en France. La critique de Guillaume Loison lui attribue quatre étoiles sur cinq.



