Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce mercredi 7 juillet 2025 dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national). Marine Le Pen a été reconnue coupable de complicité de prise illégale d'intérêts. La peine prononcée est une amende de 100 000 euros, dont 50 000 avec sursis, et une peine d'inéligibilité de deux ans, mais cette dernière n'est pas assortie de l'exécution provisoire.
Une condamnation sans conséquence immédiate sur la présidentielle
L'absence d'exécution provisoire signifie que Marine Le Pen peut faire appel et rester éligible pendant la procédure d'appel. Selon son avocat, Me Rodolphe Bosselut, « la décision n'empêche pas Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle de 2027 ». La candidate du RN a immédiatement annoncé son intention de faire appel, qualifiant le jugement de « décision politique ».
Le tribunal a estimé que Marine Le Pen avait « sciemment organisé un système de détournement de fonds européens » entre 2004 et 2016. Les faits portent sur l'emploi fictif d'assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti. Le préjudice total pour le Parlement européen est estimé à 6,8 millions d'euros.
Les réactions politiques
À droite, plusieurs responsables ont exprimé leur soutien à Marine Le Pen. Le président du RN, Jordan Bardella, a dénoncé une « justice politique » et appelé à une « mobilisation populaire ». À gauche, la secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, Marine Tondelier, a salué une « décision qui montre que personne n'est au-dessus des lois ».
Selon un sondage Ipsos réalisé après le verdict, 52% des Français estiment que Marine Le Pen devrait pouvoir se présenter à la présidentielle malgré sa condamnation. Cependant, 48% pensent qu'elle devrait être empêchée. La candidate RN reste créditée de 30% des intentions de vote au premier tour, selon une enquête Harris Interactive.
Les conséquences pour le RN
Le parti devra rembourser 4,5 millions d'euros au Parlement européen dans le cadre de cette affaire. Cette somme s'ajoute aux difficultés financières du RN, qui doit déjà 2 millions d'euros à une banque russe. Le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, a indiqué que « le remboursement s'étalera sur plusieurs années ».
Marine Le Pen maintient sa candidature et a prévu un meeting le 15 juillet à Marseille. Elle a déclaré : « Je ne laisserai pas des juges décider de l'avenir de la France. Le peuple seul décide. »



