«La Bataille de Gaulle : j'écris ton nom» : un blockbuster français qui s'enlise
«La Bataille de Gaulle» : un blockbuster français qui s'enlise

Le second volet du diptyque « La Bataille de Gaulle », intitulé « j'écris ton nom », sort en salle ce vendredi 26 juin. Réalisé par Antonin Baudry, ce film ambitionnait de booster le pouvoir d'attraction du 7e art français tout en lustrant le roman national autour de la figure de Charles de Gaulle. Pourtant, les mauvais résultats du premier volet, « l'Âge de fer », sorti début juin, laissaient présager des difficultés. La critique est sans appel : ce blockbuster tricolore, produit par Pathé, TF1 Films Production, Belvédère et Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, s'enlise davantage dans ses contradictions.

Deux films qui se télescopent

Selon Guillaume Loison, journaliste à L'Obs, deux films se télescopent et s'empêchent mutuellement dans ce diptyque. Le premier est un blockbuster rutilant, conçu pour assurer le spectacle avec des batailles dans le désert et la libération de Paris. Mais il n'en ressort ni grande scène ni idée forte, seulement de l'imagerie en cascade et un lyrisme pompier visant à gonfler le sentiment patriotique. Le rendez-vous secret dans le désert entre de Gaulle et Leclerc, réglé comme une publicité pour SUV, trahit toutes les limites du projet.

Le second film, plus esquissé dans le premier volet, est une comédie du pouvoir qui explore la psyché gaullienne, entre mégalomanie et burlesque. On y suit un homme qui s'efforce d'imposer sa légitimité et celle d'un pays perçu par ses alliés comme un astre mort. Mais cet aspect, le plus intéressant du diptyque, reste résiduel, décliné en une poignée de scènes humoristiques, notamment grâce à Thierry Lhermitte en haut gradé méprisant.

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Un manque de savoir-faire et de conviction

Antonin Baudry touche à des microparticules hitchcockiennes sans grand savoir-faire ni conviction profonde, l'esprit ailleurs, tant le film brasse un infini de possibilités narratives sans jamais se fixer. Le résultat évoque une bande-annonce géante d'un blockbuster impossible, trop superficiel pour produire de la densité, trop pachydermique pour se déployer. « Ni l'ombre d'une grande scène ni même d'une idée forte, mais de l'imagerie en cascade », résume Loison.

Le film dure 2h32 et met en scène Simon Abkarian, Niels Schneider et Thierry Lhermitte. Malgré les ambitions, le blockbuster à la française semble plombé par ce diptyque qui ne parvient ni à être une fresque guerrière ni une comédie du pouvoir réussie.

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