L’Odyssée de Christopher Nolan est disponible en IMAX dans toute la France, mais pas en IMAX 70 mm, le format souhaité par le réalisateur. Ce dernier n’est trouvable qu’à Montpellier. Seuls trois autres cinémas près de chez nous en sont équipés : à Bruxelles, à Londres et à Manchester. Mais qu’est-ce que ce format IMAX et quelles sont les différences entre ses déclinaisons ? 20 Minutes vous explique tout.
Qu’est-ce que l’IMAX ?
La principale caractéristique de l’IMAX (Image Maximum) est un écran beaucoup plus grand, offrant une meilleure immersion pour les spectateurs… et des tarifs plus élevés pour les exploitants. L’image et le son y sont au sommet. En bref, on en prend plein les yeux et les oreilles.
Un peu d’histoire
L’IMAX a été créé par des Canadiens en 1970 lors de l’exposition universelle d’Osaka. La première installation publique, ouverte un an plus tard à Toronto, fonctionne encore aujourd’hui. La première salle IMAX est née en 1973 à San Diego, projetant en 70 mm une immense image presque carrée (ratio 1.43:1) avec un système sonore sophistiqué. Le concept est simple (un écran géant), mais son utilisation l’est moins : des bobines et un projecteur très encombrant limitent le nombre de salles.
Tout change en 2007 avec le lancement de l’IMAX Digital, bien plus maniable, diffusant une image rectangulaire au ratio 1.90:1, correspondant à la norme des projecteurs numériques. Cela démocratise le procédé. On compte environ 37 salles IMAX en France et 1 800 cinémas équipés dans 89 pays. « L’IMAX est la référence absolue », déclare Christopher Nolan. Ce format a même enterré la 3D, jugée comme « l’avenir du cinéma » par de nombreux cinéastes. Les détails de l’image et la qualité du son y sont bluffants. On est prêt à payer pour cela.
L’avènement du « LieMax »
Pendant longtemps, la firme IMAX a été très exigeante pour accorder son label. Puis, l’appât du gain l’a convaincue de revoir ses critères à la baisse. Comparons les ratios : un écran IMAX 70 mm de 22 mètres de base affiche l’image sur un peu plus de 15 mètres de haut, alors qu’une même base en cinémascope 35 mm n’atteint qu’à peine plus de 9 mètres. De nouvelles salles avec des écrans adaptés aux matrices numériques de 14 mètres sur 8 mètres ont vu le jour, avec des projecteurs en tandem (pour doubler la puissance lumineuse) plus maniables. La projection y est de meilleure qualité que dans les cinémas classiques, mais moins spectaculaire, tout en étant aussi chère pour le public.
Inutile de dire que les exploitants restent discrets sur ces différences. Le terme amusant « LieMax » (mensonge maximum), inventé par des cinéphiles pointilleux, fait sourire en évoquant cet arrangement commercial. Quant au spectateur, pas forcément connaisseur, il ne fait pas vraiment la différence tant que le film offre son lot d’émotions.
Des films gonflés
Certains films projetés en IMAX ont été directement tournés dans ce format. Christopher Nolan en est la meilleure illustration. Passionné d’argentique, il est le premier à avoir filmé L’Odyssée avec d’énormes caméras 70 mm, offrant une résolution maximale, bien supérieure au 35 mm classique. Autres exemples : Denis Villeneuve pour certaines séquences de Dune, Jordan Peele pour Nope, Brad Bird pour Mission: Impossible – Protocole Fantôme, et J.J. Abrams pour Star Trek. James Cameron a créé son propre système de caméras IMAX 3D pour Avatar.
Il est également possible de « gonfler » des œuvres non tournées en IMAX pour les exploiter dans ce format. Cela consiste à les retravailler numériquement image par image, améliorer leur colorimétrie et luminosité, et retravailler le mixage pour le système sonore immersif des salles.



