Si vous commenciez à en avoir assez des Minions, ce nouvel opus de leurs aventures devrait vous réconcilier avec eux. Pierre Coffin, l’un des créateurs de la saga, a eu un contrôle total sur Des Minions et des monstres, coréalisé par Patrick Delage et présenté en ouverture du Festival d’Annecy, et ça change tout. Ce film est des plus réussis !
Un retour inattendu pour Pierre Coffin
« Je m’étais auto-éjecté de la saga et ne comptais plus y revenir, confie Pierre Coffin, même si j’ai continué à faire des petites choses dans mon coin, discrètement. Et puis le producteur Christopher Meledandri m’a chuchoté l’idée que les Minions pourraient avoir envie de faire un film de monstres. C’est l’idée de “film” qui m’a appâté. » Et c’est ainsi que les petites créatures se retrouvent à Hollywood pour y semer la panique alors qu’elles recherchent un grand méchant pour se mettre à son service.
Un hommage au cinéma
Du cinéma muet à l’avènement du « parlant », les minions s’illustrent dans le 7e Art avec l’aide d’un cinéaste doublé en français par Alexandre Astier. « Au bout de trois semaines, j’avais écrit un synopsis, au bout de trois, on avait une mouture du scénario et six mois plus tard, on commençait le film, déclare Pierre Coffin. C’était la première fois que je savais comment un film se terminerait dès son début. D’habitude, on avançait au radar ! » Cet enthousiasme se sent dans un hommage aux grands moments du 7e art pour lequel Benjamin Renner (Ernest et Célestine) est venu prêter main-forte. L’amusement des créateurs se communique au public et cela d’autant plus que les monstres promis par le titre sont géniaux.
On pense notamment à Goomi, un Cthulhu faussement mignon à qui David Marsais prête sa voix. Les magiciens du studio Illumination se sont donné à cœur joie du point de vue des références cinématographiques. Les cinéphiles seront à la fête mais toute la famille se régalera tant l’ensemble est rythmé et malin avec des clins d’œil à la vie de tous les jours quand un cyclope marche sur une brique Lego antique.
Des dialogues tordants et un invité de marque
Pierre Coffin ne s’est pas contenté d’orchestrer cette nouvelle histoire des Minions. Il leur donne aussi leurs voix puisque c’est lui qui les double tous. Plus que dans les précédents épisodes, on reconnaît des mots par-ci par-là pour des dialogues irrésistibles qui font pleurer de rire. « Comme c’était la première fois que j’avais une vision d’ensemble sur le projet, je me suis bien amusé, admet Pierre Coffin. Il m’est même arrivé de doubler le dialogue de deux Minions en même temps, mais je ne suis pas devenu fou et je ne prends jamais leurs voix en dehors des films. »
Le réalisateur a aussi concrétisé un rêve d’enfant : s’offrir une rencontre avec George Lucas, qu’on voit au milieu du film et qui a accepté d’assurer son propre doublage. « C’est Chris Meledandri qui a obtenu son accord et il a déboulé en studio à Paris une semaine après son coup de fil. Il a enregistré en un quart d’heure mais c’était important pour moi car Star Wars est l’une des raisons pour lesquelles je me suis mis au cinéma. » Il sera dit que Des Minions et des monstres sera placé sous le signe du 7e Art dans tous ses états.



