Le film De la Comédie-Française, réalisé par Bertrand Usclat et Martin Darondeau, est projeté cette semaine dans plusieurs cinémas de Lozère : à Mende, Marvejols, Langogne et Saint-Chély-d'Apcher. La critique de Fabrice Andrivon, publiée dans Midi Libre, est sans appel : le film est jugé « gentillet, pas drôle, complètement inutile ».
Un sujet prometteur, une exécution décevante
Le projet semblait pourtant attrayant : explorer les coulisses d'un lieu aussi secret que la Comédie-Française, tout en se moquant des petites habitudes des gens de théâtre. Mais selon le critique, les réalisateurs ont « rangé tout mauvais esprit dans les coulisses » et livrent une comédie familiale innocente, déconnectée du réel.
Au lieu de parler véritablement de ce qu'ils filment, Usclat et Darondeau préfèrent fabriquer des situations de comédie invraisemblables : une intrigue de vaudeville, une rencontre avec Molière, la garde d'un bébé confiée à la metteuse en scène une heure avant la première, une machine à fumée incontrôlable, une vieille actrice fumant des pétards, ou encore un décor qui s'effondre. Autant de gags « vieillots et inoffensifs » qui n'arrivent jamais dans la réalité.
Des acteurs laissés pour compte
Le critique souligne que les réalisateurs « se sont bien amusés, mais ils s'amusent entre eux et excluent complètement le spectateur de leurs délires ». Quelques rares idées émergent toutefois : Hecq en régisseur est jugé très drôle, l'ombre portée d'une croix gammée apporte un peu de malaise, et la ministre de la Culture est crédible. Mais ces éléments ne suffisent pas à sauver l'ensemble.
Le point le plus problématique est peut-être le traitement réservé aux jeunes acteurs noirs de la Comédie-Française, cantonnés à des rôles de faire-valoir : l'un joue un poinçonneur de billets admiratif, l'autre une maquilleuse idiote de télé-réalité. Andrivon y voit « une nouvelle preuve de la totale déconnexion de ce film raté ».
Un rendez-vous manqué avec le théâtre
Au final, le spectateur n'apprend rien sur le théâtre ni sur la Comédie-Française, si ce n'est peut-être la qualité de sa cantine. Le film, qui promettait une plongée dans les coulisses d'une institution prestigieuse, échoue à raconter quoi que ce soit de substantiel. Une déception pour les amateurs de théâtre comme pour les cinéphiles.



