César 2025 : une tribune alarmante contre le pillage artistique par l'intelligence artificielle
À quelques jours de la 51e cérémonie des César, une tribune signée par 4000 acteurs, actrices et cinéastes français dénonce avec force le « pillage en règle » perpétré par les outils d'intelligence artificielle. Publiée dimanche 22 février sur le site du Parisien et transmise à l'AFP par l'Adami, cette initiative collective sonne l'alarme face à la reproduction non autorisée de voix et d'images d'artistes.
Une mutation profonde et menaçante pour la profession
Les signataires, parmi lesquels figurent des noms prestigieux comme Swann Arlaud, Gérard Jugnot, Franck Dubosc, José Garcia, Léa Drucker, Elodie Bouchez et Karine Viard, décrivent une situation critique. « Nous faisons face à une mutation profonde de notre métier depuis l'arrivée de l'intelligence artificielle. Cet outil, extraordinairement précieux pour certains métiers, est aussi une hydre dévorante pour les artistes que nous sommes », écrivent-ils.
Le clonage de voix sans autorisation devient selon eux une pratique courante, avec des conséquences dramatiques. « Pas une semaine ne passe sans qu'un artiste n'alerte sur la concurrence brutale que l'IA fait subir à son travail », soulignent-ils, ajoutant que des centaines d'artistes moins établis, souvent contraints par des difficultés financières, cèdent leurs droits malgré les risques pour leur image et leur avenir.
Un appel urgent à un cadre juridique protecteur
Face à cette réalité « insupportable » qui se déroule « sous nos yeux », la tribune appelle à la création d'un cadre juridique robuste. L'objectif est clair : permettre à l'intelligence artificielle de coexister avec le travail des artistes tout en garantissant le respect des droits d'auteur et droits voisins. Cette demande résonne particulièrement à l'approche des César, mettant en lumière les enjeux cruciaux pour l'avenir de la création cinématographique.
Mobilisations croissantes dans la profession
Depuis plusieurs mois, la profession se mobilise activement contre la menace que l'IA fait peser sur l'ensemble de la filière, des studios aux acteurs. Fin janvier, huit comédiens de doublage français ont adressé des mises en demeure à deux sociétés américaines ayant cloné leur voix sans consentement.
À Paris, des comédiens sont descendus dans la rue et ont lancé le collectif « Touche pas à ma VF », réclamant un « doublage créé par des humains pour des humains ». Cette mobilisation dépasse largement les frontières françaises : la semaine dernière, le logiciel chinois Seedance 2.0 a été accusé par les grands studios hollywoodiens de violations « massives » des droits d'auteur, notamment après la diffusion d'une vidéo virale générée par IA montrant un combat fictif entre Tom Cruise et Brad Pitt.
Cette tribune historique, à la veille des César 2025, marque un tournant dans la prise de conscience des risques liés à l'intelligence artificielle pour la création artistique, appelant à une action législative urgente pour protéger les droits fondamentaux des artistes.



