Colette Richarme, peintre de la lumière méditerranéenne, enfin reconnue
Colette Richarme, peintre de la lumière, enfin reconnue

Colette Richarme, peintre montpelliéraine longtemps méconnue, est actuellement mise à l'honneur à Lauret, dans l'Hérault, où des reproductions grand format de ses œuvres sont exposées dans le parc de l'Auberge du Cèdre, au pied du Pic Saint-Loup, jusqu'au 18 octobre. Cette artiste, qui a dédié son travail à la couleur et à la lumière méditerranéenne, est décrite par Jérôme Farigoule, actuel conservateur en chef du Louvre Abu Dhabi, comme « un jalon important du développement de la peinture montpelliéraine dans la seconde moitié du XXe siècle ».

Une vie entre Chine, Paris et Montpellier

Née en janvier 1904 à Canton, en Chine, Colette Richarme est initiée au dessin par sa mère dès son plus jeune âge. Orpheline de père avant son dixième anniversaire, elle s'installe à Lyon, Albertville puis Paris, où elle fait ses classes dans les ateliers de l'Académie de la Grande Chaumière. En automne 1937, elle s'installe définitivement à Montpellier avec son époux militaire. C'est là qu'elle donne sa première exposition quatre ans plus tard, en 1941.

Dans ses correspondances, elle écrit : « J'ai peint la lumière parisienne. Les gris, les noirs. Et puis je suis arrivée à Montpellier. J'ai été enchantée par la lumière méditerranéenne. Cette lumière a donné son caractère à ma peinture. » Son œuvre, qui privilégie le paysage, évolue peu à peu vers l'abstraction. Bien qu'elle séduise Paris depuis le Languedoc, elle reste en marge de l'école Montpellier-Sète qui la snobe. Femme, croyante, considérée par certains comme « bourgeoise », elle ne connaît la reconnaissance que tardivement.

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Un hommage croissant dans la ville de Montpellier

La ville de Montpellier multiplie les hommages à l'artiste. En décembre 2019, une plaque a été apposée sur les grilles de la place Saint-Paul, à l'arrière de l'église Saint-Roch, créant le passage Colette Richarme. À la suite d'une délibération du conseil municipal d'octobre 2025, la place voisine devrait bientôt porter également son nom. Enfin, la future crèche du campus de l'université Paul Valéry portera le patronyme de l'artiste, avec une livraison prévue en 2029. Cette crèche sera située à quelques encablures de « La Vignette », son premier domicile montpelliérain.

Depuis son décès en 1991, ses filles et ses admirateurs s'attellent à faire connaître et reconnaître son œuvre à sa juste valeur. Le musée Fabre et le musée Atger de Montpellier, ainsi que le musée Paul Valéry de Sète – tous trois destinataires par donation d'une partie des œuvres de l'artiste – l'ont exposée à six reprises entre 2008 et 2018. L'espace Bagouet lui a été dédié en 2020.

Une exposition à Lauret jusqu'au 18 octobre

Jusqu'au 18 octobre, des reproductions grand format sont visibles dans le parc de l'Auberge du Cèdre à Lauret, au pied du Pic Saint-Loup. Cette exposition permet au public de découvrir ou redécouvrir l'univers coloré de cette peintre qui a su capturer la lumière méditerranéenne. L'atelier de l'artiste, figé dans le temps depuis sa mort, est menacé de disparition, comme le souligne un article intitulé « Il faut sauver Psalmodie ! ». D'autres expositions ont également été organisées, notamment à Sète et à l'Espace Rio à Montpellier, présentant Chine, Bretagne et palettes de l'artiste.

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