Une étude française publiée lundi 31 août 2026 par des scientifiques d'INRAE révèle une hausse de 14 % du risque de maladie cardiovasculaire chez les hommes pour chaque heure de repas décalée entre la semaine et le week-end. Ce phénomène, appelé « jet-lag » alimentaire, est associé à une rupture de rythme qui ne semble pas affecter les femmes, selon les données de plus de 100 000 participants suivis sur 14 ans.
Une variation des heures de repas mesurée sur 14 ans
L'équipe de recherche a analysé les habitudes alimentaires de plus de 100 000 personnes, en comparant les heures du premier et du dernier repas du lundi au dimanche. L'intensité du « jet-lag » alimentaire a été calculée en fonction de la différence entre les horaires de prise alimentaire en semaine et ceux du week-end.
Les scientifiques ont identifié trois profils types : « l'avance », où les repas sont pris plus tôt le week-end qu'en semaine, avec une avance moyenne de 2 heures dans la fenêtre de prise alimentaire ; « le maintien », où les horaires sont pratiquement identiques entre la semaine et le week-end ; et « le retard », où les repas sont décalés plus tard le week-end, avec un retard moyen de 1 h 40.
Les groupes « Avance » et « Retard » tous deux concernés
Les résultats montrent que les groupes « Avance » et « Retard » présentent tous deux une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire par rapport au groupe « Maintien ». Pour chaque heure supplémentaire de « jet-lag » alimentaire, le risque de maladie cardiovasculaire augmente de 14 % chez les hommes, et grimpe à 21 % pour les maladies coronariennes.
Cette variation des horaires de repas est souvent liée au rythme de travail en semaine, qui pousse à créer un décalage avec les habitudes du week-end ou des jours de repos. Les chercheurs d'INRAE se sont spécifiquement penchés sur cette variation pour évaluer son impact sur la santé cardiovasculaire.
Pourquoi les hommes sont-ils plus touchés ?
Les scientifiques n'ont pas constaté d'impact significatif chez les femmes. Plusieurs pistes sont avancées pour expliquer cette différence : des différences purement biologiques entre les sexes, mais aussi des rythmes de vie et de travail encore inégaux dans la société. Les hommes présentent également un risque absolu de maladies cardiovasculaires plus élevé que les femmes, ce qui pourrait amplifier l'effet observé.
Ces résultats soulignent l'importance de maintenir des horaires de repas réguliers, même le week-end, pour réduire le risque cardiovasculaire chez les hommes. Les chercheurs poursuivent leurs travaux pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents et évaluer d'éventuelles recommandations préventives.



