Le dernier film de Jean-Pierre Jeunet, « Changer l'eau des fleurs », a été présenté en avant-première ce lundi 28 septembre lors de la cérémonie d'ouverture du festival Cinéroman à Nice. Cette adaptation du roman à succès de Valérie Perrin, portée par une Leïla Bekhti « absolument parfaite », sortira en salles le 9 décembre.
Une ouverture sous le signe de l'émotion
Pour sa 8e édition, le festival Cinéroman a choisi de donner le « la » avec ce film très attendu. Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur du « Fabuleux Destin d'Amélie Poulain » et d'« Un long dimanche de fiançailles », signe ici une œuvre moins fantastique que sa marque de fabrique habituelle, mais tout aussi poignante.
L'histoire suit Violette, une gardienne de cimetière de Bourgogne qui prend soin de ses « colocataires » avec bienveillance, délicatesse et pudeur. Un jour, Julien Seul, un policier interprété par Melvil Poupaud, vient déposer sur la tombe d'un inconnu les cendres de sa mère, respectant ainsi ses dernières volontés. Il se prend d'affection pour Violette, dont le mari a disparu. C'est le début d'une romance atypique.
Un casting dense et des thèmes universels
Le film aborde des thématiques cruciales comme le deuil, la rédemption, la résilience, le renouveau et la beauté des petites habitudes. L'histoire se construit sur plusieurs temporalités, portée par une distribution dense comprenant Matthias Schoenaerts, Alban Lenoir, Natacha Lindinger et Anouk Grinberg.
C'est au cœur du salon Baie des anges, face à la Promenade des Anglais, que le triumvirat Jeunet-Bekhti-Perrin s'est retrouvé. Jean-Pierre Jeunet a expliqué son choix de Leïla Bekhti pour incarner Violette : « Je la pistais, je scrutais ses films, ses sorties médiatiques et je suis tombé sur une interview d'elle dans l'émission Hot Ones de Kyan Khojandi où il lui lance comme challenge de raconter une recette de lasagne tout en pleurant sur commande. Et elle y arrive sans sourciller. Alors là, si elle est capable de faire ça, c'est ma Violette. Parce qu'il fallait une puissance d'émotion pour ce film ».
Une rencontre entre deux univers
Leïla Bekhti confirme ce mariage de raison, toute en douceur du regard au timbre de voix. « Je voulais travailler avec Jean-Pierre, il fait partie de ces réalisateurs très identifiables, et l'idée de rentrer dans son monde, c'était un cadeau pour moi, resitue l'actrice. Et puis, cette histoire qui parle de deuil, mais qui n'est pas une histoire sur la mort. Au contraire, c'est une histoire de vie, comment réapprendre à aimer, comment continuer ».
Jean-Pierre Jeunet évoque également sa rencontre avec l'écriture de Valérie Perrin : « Il y a un côté Amélie Poulain dans son écriture, je me suis tout de suite perdu dans son livre. Il est construit autour de 90 chapitres très courts, il n'y a pas un chapitre ou une page où il n'y a pas un coup de poignard dans le cœur. Un truc qui m'a touché, ce sont les détails, en tant que cinéaste, la matière était exceptionnelle ».
Leïla Bekhti, qui interprète Violette, se dit touchée par « sa force silencieuse, elle avance pas à pas ». Elle ajoute : « Jean-Pierre a une qualité hors-norme : c'est un conteur hors pair. Il y a beaucoup de tendresse, de poésie dans ses personnages. Il y a beaucoup d'humanité du coup ».
Un succès annoncé ?
Alors que le film commence à rencontrer son public – le Pathé Gare du Sud y avait consacré quatre salles ce lundi soir – l'actrice confesse un vrai stress : « J'ai toujours une forme d'angoisse quand je présente un film aux spectateurs. Et en même temps, c'est ce que je préfère : avoir les retours. »
Jean-Pierre Jeunet, en vieux routard, a le regard qui brille : « C'est un bouquin génial qui s'est vendu à 5 millions d'exemplaires dans le monde, c'est très reposant comme stress. En vrai, on n'est pas à l'abri d'un succès », conclut-il avec malice.
Le festival Cinéroman se tient du 28 septembre au 3 octobre à Nice, dans les cinémas Pathé Gare du Sud, Rialto, Variétés, Le Belmondo et l'Artistique. Le programme complet est disponible sur festival-cineroman.com.