Le premier volet du diptyque consacré à Charles de Gaulle, L'Âge de fer, a connu un démarrage difficile avec seulement 380 000 entrées en première semaine, un chiffre modeste au regard des 75 millions d'euros investis. Pourtant, un bouche-à-oreille dithyrambique a inversé la tendance, attirant plus de spectateurs en quatrième semaine qu'en première, un phénomène rare. En cumulé, les deux volets (J'écris ton nom est sorti trois semaines plus tard) ont franchi les 3 millions d'entrées, et pourraient atteindre 4 millions.
Un démarrage difficile sauvé par le public
Le réalisateur Antonin Baudry a conçu le diptyque comme une fresque historique, débutant par une scène de bataille en mai 1940 où le colonel de Gaulle s'obstine à contre-attaquer à Montcornet. Cette scène, bien que fictive dans son dialogue, annonçait métaphoriquement le parcours du film. Malgré un premier week-end décevant, le bouche-à-oreille a propulsé le film, démontrant un attachement du public à cette histoire nationale.
Un succès au-delà des chiffres
Au-delà des circonstances favorables (Fête du cinéma, canicule), ce succès révèle un besoin culturel profond. Le film restitue le génie français de réussir l'impossible avec moins, illustré par la bataille de Bir Hakeim où 3 700 hommes du général Koenig tinrent tête aux divisions de Rommel. De même, le serment de Leclerc à Koufra de ne déposer les armes que lorsque les couleurs françaises flotteront sur Strasbourg incarne ce patriotisme. Comme l'écrivait de Gaulle dans ses Mémoires de guerre : « Notre pays tel qu'il est, parmi les autres, tels qu'ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. »
Un anticorps contre l'autodénigrement
Dans un contexte occidental d'autocritique permanente, le diptyque agit comme un antidote. Il rappelle que la France est « aimable », comme la dépeignait de Gaulle en « princesse des contes ». Les applaudissements en fin de séance ne sont pas seulement pour les acteurs ou le film, mais pour ce souffle patriotique qui traverse l'histoire et que le public redécouvre avec émotion.



