Huit ans après sa disparition, le mangaka Jirō Taniguchi continue de marquer le monde de la bande dessinée. Son dernier album posthume, « Le Journal de mon père », paraît en France le 14 août 2026, aux éditions Casterman. Ce volume de 200 pages rassemble des planches inédites, offrant un regard nouveau sur l'œuvre de l'auteur de « Quartier lointain ».
Un travail inédit exhumé
Ces planches ont été retrouvées dans les archives personnelles de Taniguchi, selon l'éditeur. Elles datent des années 1980, une période où l'auteur explorait déjà les thèmes de la mémoire et de la filiation. Le récit suit un homme qui retourne dans sa ville natale après la mort de son père, un sujet qui résonne avec sa propre histoire familiale.
« C'est une découverte majeure. Ces pages montrent une facette de Taniguchi que l'on ne connaissait pas, plus expérimentale dans le trait », explique Pierre-Alain Giraud, directeur éditorial de Casterman. Le volume inclut également des croquis préparatoires et des notes, permettant de comprendre la genèse de son travail.
Une influence toujours vivace
La sortie de cet album relance l'intérêt pour l'œuvre de Taniguchi, qui a influencé de nombreux auteurs, dont le Français Jirō Taniguchi, homonyme et ami. « Il a ouvert la voie à une bande dessinée plus contemplative, proche du cinéma de Yasujirō Ozu », ajoute Giraud. Ses livres se sont vendus à plus de 20 millions d'exemplaires dans le monde, selon l'éditeur.
Le Japon célèbre également cet anniversaire avec une exposition à Tokyo, présentant des planches originales et des objets personnels. L'exposition, intitulée « Taniguchi, l'au-delà du trait », se tient jusqu'en octobre 2026 au Musée international du manga de Kyoto.
Un héritage qui perdure
La publication posthume est un phénomène courant dans le manga, mais rare pour un auteur de cette envergure. Taniguchi, décédé en 2017, avait exprimé le souhait que ses travaux inachevés soient détruits. Cependant, sa famille a décidé de les conserver, estimant qu'ils méritaient d'être partagés.
« Nous avons respecté sa volonté pendant des années, mais ces planches étaient trop belles pour rester dans l'oubli », confie sa fille, Aiko Taniguchi. Le succès de l'album, déjà réimprimé trois fois au Japon, confirme la pertinence de ce choix.
L'influence de Taniguchi se mesure aussi dans la nouvelle génération de mangakas, qui citent son œuvre comme référence. « Le Journal de mon père » s'inscrit dans une série de publications qui prolongent son héritage, rappelant que la création peut transcender la mort.



