Stephan Eicher : se réinventer sans cesse sur scène à Monaco, Cannes et Thoronet
Stephan Eicher : se réinventer sans cesse sur scène

Stephan Eicher, l'interprète de « Déjeuner en paix », poursuit sa tournée estivale avec des concerts à Monaco ce mardi soir, à Cannes vendredi 24 juillet et au Thoronet samedi 25 juillet. À 65 ans, l'artiste suisse continue de se réinventer, mêlant chanson, électro et théâtre.

Un concert à Monaco entre acoustique et électro

Au Fort Antoine, à Monaco, le chanteur a proposé une formule différente des autres dates : un set acoustique suivi d'un set électronique avec le batteur et producteur Osomo. « Ici, c'est vraiment mon petit jardin secret », a-t-il confié avant le concert. Dans ce théâtre à ciel ouvert, Eicher a exploré ses débuts, Berlin et les machines analogiques.

« Voler au-dessus d'un chaos, ce n'est pas intéressant. Mais vraiment tout structurer et se dire maintenant on peut s'autoriser des libertés, c'est excitant », explique-t-il. Avec Osomo, il utilise des instruments analogiques, loin de la perfection numérique. « Ce n'est pas un ordinateur, c'est vraiment une boîte à rythme. C'est imprévisible. »

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Le goût du risque et de la surprise

Stephan Eicher aurait pu se reposer sur ses lauriers après « Déjeuner en paix », mais il a choisi l'expérimentation. « Je veux me surprendre moi-même aussi, autrement c'est chiant », dit-il. Il se compare à un enfant qui construit un château en Lego avant de le détruire pour fabriquer un dinosaure.

Le projet avec Osomo est né d'un spectacle théâtral avec le metteur en scène suisse François Gremaux, après une soirée mouvementée à Uzès où un malaise dans le public avait perturbé le concert. « C'était terrible », se souvient-il. Cette expérience l'a poussé à se confronter à nouveau seul au public.

De la poussière à l'or

À Cannes et au Thoronet, Eicher mettra en avant son dernier album, « Poussière d'or », sorti en 2025. Le titre, inspiré d'un texte de Philippe Djian, reflète son travail : « J'essaie de mélanger la chose très banale, même énervante, la poussière, avec l'or qui est très noble et luxueux. »

Dans la chanson « Je plains celui », il a demandé à Djian de modifier certains passages pour éviter un ton victimaire. « Je voulais qu'il y ait toujours une luminosité derrière, toujours un espoir », précise-t-il.

Le temps et la création

À 65 ans, Stephan Eicher observe le vieillissement avec étonnement. « De temps en temps, ça va trop vite et on se retrouve devant la glace : “Allez, vous êtes qui, monsieur ?” » Sur la pochette de « Poussière d'or », une photo de lui à 23 ans, signée Jean-Baptiste Mondino, le confronte à son propre visage. « Ça m'a beaucoup troublé parce que j'ai l'air d'être mon fils. »

Mais le passé ne le retient pas : « C'est toujours le prochain disque qui m'intéresse. » Il écrit constamment, parfois au point de presque rater un avion. « Ce n'est pas du travail, ce que je fais. Ça me nourrit. Ça me donne de la force. »

Une relation fidèle avec le public

Après 40 ans de carrière, Eicher continue de surprendre son public. « Gratitude, on définit cela ainsi », dit-il. « On a fait un bout de chemin ensemble et les gens sont encore intéressés par ce que j'amène. »

Son credo : « Avoir une certitude et puis la briser, je crois que ça s'appelle l'art. »

Concerts : vendredi 24 juillet à 20h30 au Palais des festivals à Cannes (41 à 60 euros) ; samedi 25 juillet après Utopik Wiza Witch aux Nuits blanches du Thoronet à 19h (35 euros).

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