« La Belle de Gaza » : un documentaire bouleversant sur des femmes transgenres à Tel-Aviv
« La Belle de Gaza » : un doc bouleversant sur des femmes trans

« La Belle de Gaza », le nouveau documentaire de Yolande Zauberman, présenté au Festival de Cannes 2024 en séance spéciale, nous plonge dans les quartiers interlopes de Tel-Aviv. La nuit, les rues s'animent sous les néons éclatants et les lampadaires blafards contre lesquels s'adossent des oiseaux de nuit. Des femmes transgenres, corps ivres de sensualité, objets de fascination interdits, rabroués par la morale mais ardemment désirés par leurs clients, se vendent pour survivre.

Une quête de la beauté fatale

Dans ces méandres de ruelles où s'affrontent obscurité et lumière, la cinéaste s'incarne hors champ, tendant à ces femmes une photographie. Celle d'une beauté fatale baptisée par ses soins : la Belle de Gaza. Une figure de légende pour une chanson de geste contemporaine, où la metteuse en scène part en quête d'un fantasme troublant, imaginant – ou pas – dans un jeu de vérités et d'artifices que le modèle du cliché, né garçon, serait venu à pied depuis Gaza pour devenir celle qu'il a toujours su qu'il était.

Résistance aux idéologies mortifères

En enquêtant, en questionnant avec complicité et sans l'ombre d'une curiosité glauque – place impeccable de la caméra – sur les sœurs de cette Belle, Yolande Zauberman fait entendre des voix trop souvent étouffées, libérées ici d'un silence imposé, sans cesse entravées par une transphobie persistante. Certaines racontent les violences familiales, l'exil, la prostitution ou encore la solitude d'existences vécues dans la clandestinité.

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On rêverait de n'avoir aucune réserve devant ce bel objet cinématographique. Mais on peut regretter que ce film ne s'aventure pas plus loin sur le terrain politique. Car, après le sublime « M » (2018) de la réalisatrice, ou encore « Kokomo City » (2023) de D. Smith, on sait que les questions de la transidentité et de l'exploitation du corps le sont indubitablement. A fortiori dans cette région du monde où, depuis plusieurs années, des couples LGBT mixtes (israélo-palestiniens) se réunissent sur la frontière pour témoigner pacifiquement de leur résistance aux idéologies mortifères.

Diffusion : jeudi 18 juin à 23h30 sur Arte. Documentaire français de Yolande Zauberman (2024). 1h16. Disponible en replay jusqu'au 17 juillet 2026 sur Arte.tv.

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