Dans le cadre du 40e Printemps des comédiens, les jeunes comédiens montpelliérains offrent une relecture explosive de Peer Gynt. Marion Aubert (écriture) et Marion Guerrero (mise en scène), duo créatif connu sous le nom de Marion², ont concocté une version déchaînée, déconstruite et détonante de l'œuvre d'Henrik Ibsen, spécialement pour la promo 2026 de l'École nationale supérieure d'art dramatique (Ensad) de Montpellier.
Un binôme complice depuis trente ans
Marion Aubert et Marion Guerrero collaborent depuis trois décennies, depuis leur rencontre à l'Ensad de Montpellier. Leur compagnie, Tire pas la nappe, reflète leur esprit de partage et de créativité collective. Pour leur première programmation au Printemps des comédiens, elles ont choisi de retourner à l'école, non pour un exercice académique, mais pour détourner avec brio un classique.
Une réécriture audacieuse
Les grandes lignes de Peer Gynt sont respectées : Peer est toujours ce jeune Norvégien hâbleur et baratineur, en quête d'un idéal et de liberté. Mais exit le vaurien du XIXe siècle ; place à une figure toxique du XXIe siècle. Les Marion² ne montent pas Peer Gynt, elles créent Gynt, sans Peer mais avec une jeunesse d'une autre trempe.
Une scénographie qui joue avec les codes
La scénographie, au Hangar théâtre, place le public sur des chaises et des bancs face aux gradins occupés par les comédiens. Un grand drapé blanc figure la neige, du vert pour les forêts, du bleu pour les rivières, et des coussins pour les rochers. La troupe, avec une dextérité remarquable, donne vie à cette vision.
Un autre délire : You can be do
Parallèlement, le comédien Olivier Martin-Salvan a travaillé avec les étudiants sur un spectacle comique intitulé You can be do. Ce "best-ouf" réunit des textes de Nicole Genovese, Gwendoline Soublin, Romane Nicolas et Rémi Devos, dans l'esprit de Marion Aubert. L'affaire dure 300 minutes, mais le rire est au rendez-vous.
Un tourbillon de visions
Le spectacle Gynt est un tourbillon de visions montées cut, où Peer Gynt est pluriel, toujours mâle mais complexe : forceur, individualiste, érotomane, libéral, poète, aventurier. Les femmes, peu gâtées chez Ibsen, reprennent du poil de la bête, piratent le récit et déconstruisent l'édifiant. La phallocratie, le capitalisme, l'impérialisme et le fascisme en prennent pour leur grade, mais sans jamais tomber dans la leçon.
Informations pratiques
- Représentations : samedi à 20h, mardi 16 et mercredi 17 à 19h, samedi 20 juin à 20h.
- Lieu : Hangar théâtre, Montpellier.
- Tarifs : de 8 € à 16 €.
- Site : printempsdescomediens.com



