Festival d'Avignon : la famille des méchants au cœur du Grand Jeu
Avignon : la famille des méchants au cœur du Grand Jeu

Le Festival d'Avignon 2026, qui se déroulera du 4 au 25 juillet, place la famille des méchants au centre de sa programmation. Sous le thème « Dans le grand jeu du théâtre, on demande la famille des méchants », la directrice du festival, Émilie Delorme, propose une réflexion sur les figures du mal et leurs liens familiaux. Selon elle, « le méchant n'est jamais seul, il est toujours le produit d'une histoire, d'un contexte, d'une famille ».

Une programmation qui interroge les racines du mal

La 80e édition du festival propose 42 spectacles, dont 15 créations mondiales. Parmi les œuvres attendues, « Les Frères Karamazov » d'après Dostoïevski, mis en scène par Krzysztof Warlikowski, explore la violence fraternelle. Émilie Delorme explique : « Nous avons voulu montrer que le mal n'est pas une abstraction, mais qu'il s'ancre dans des relations familiales complexes ».

Un focus sur les figures historiques du mal

Le festival met également en lumière des figures historiques comme Lady Macbeth, Médée ou encore le personnage de Richard III. La metteuse en scène Anne Théron propose une adaptation de « Médée » qui interroge la maternité et la vengeance. « Médée n'est pas seulement une mère infanticide, elle est aussi une femme trahie, une étrangère rejetée », souligne-t-elle.

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Des spectacles participatifs et immersifs

Le festival innove avec des formes participatives, comme « Le Procès des méchants », où le public est invité à juger des personnages emblématiques. Selon les organisateurs, plus de 2000 personnes ont déjà réservé pour ces séances interactives. Émilie Delorme précise : « Le théâtre est un espace de débat, et nous voulons que le public s'interroge sur la notion de justice ».

Un écho à l'actualité

La programmation fait écho à l'actualité, avec des pièces qui abordent les dérives autoritaires et les violences familiales. « Dans un monde où les populismes montent, il est essentiel de comprendre comment se construisent les figures du mal », déclare Émilie Delorme. Le festival accueille également une exposition sur les « méchants » dans l'histoire du théâtre, du XVIIe siècle à nos jours.

Des artistes internationaux invités

Parmi les artistes invités, le chorégraphe sud-africain Dada Masilo présentera une version dansée de « Roméo et Juliette » où les familles ennemies sont au cœur du drame. Le festival accueille aussi des compagnies venues d'Iran, du Brésil et du Japon, offrant une diversité de regards sur la thématique.

Un budget en hausse pour une édition ambitieuse

Le budget du festival atteint 12 millions d'euros, en hausse de 8% par rapport à l'année précédente, grâce à des subventions publiques et des mécénats. Émilie Delorme se félicite de cette augmentation : « Cela nous permet d'inviter plus d'artistes et de proposer des formes innovantes ».

Des ateliers et rencontres pour tous

En parallèle des spectacles, le festival propose des ateliers de pratique théâtrale, des conférences et des rencontres avec les artistes. Plus de 3000 places gratuites sont disponibles pour les publics jeunes et éloignés de la culture. L'objectif est de « démocratiser l'accès au théâtre et de susciter le débat citoyen », selon la directrice.

Un hommage aux victimes de la violence

Le festival rendra hommage aux victimes de violences familiales et politiques à travers une performance collective intitulée « Mémoires du silence ». Cette œuvre participative réunira une centaine de comédiens amateurs et professionnels. Émilie Delorme conclut : « Le théâtre est un lieu de mémoire et de réparation ».

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