La commissaire d'exposition Lola Grunwald a inauguré la première édition du festival d'art contemporain Versus Manifesto à Ramatuelle, dans le Var, qui se déroule jusqu'au 23 juillet 2026. Le projet, qui réunit quatre artistes en début de carrière, vise à proposer un art engagé, loin des clichés de la Côte d'Azur. Mais son avenir est incertain, entre difficultés d'organisation et doutes sur le lieu d'accueil.
Un festival pour casser la carte postale
« La journée parfaite pour moi commence par une sortie à la plage, et finit par une visite d'exposition », s'exclame Lola Grunwald. C'est tout naturellement qu'elle a choisi Ramatuelle pour lancer Versus Manifesto. Jusqu'au 23 juillet, sculptures, peintures, immersion sonore et performances investissent la galerie du Château.
Dans cette unique pièce de 60 m², la commissaire a voulu créer un lieu d'expérimentation : « En mettant en scène l'exposition, j'ai voulu prendre le contre-pied de la beauté de laquelle on a l'habitude d'être entouré sur la Côte d'Azur, où tout est purement décoratif. J'avais envie de faire découvrir l'art contemporain, plus engagé. » Ayant grandi à Ramatuelle, elle confie avoir manqué de modèles culturels au « regard plus marginal, qui change de l'idée de carte postale que tout le monde se fait du territoire ».
Quatre artistes aux œuvres variées
Les visiteurs découvrent les sculptures de Max Coulon, des créatures mi-humaines, mi-animales en béton. Sur les murs, les peintures sur bois de Zélie Nguyen présentent des paysages architecturaux jouant entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. Les sculptures textiles de Nefeli Papadimouli s'étendent sur plusieurs mètres et relient des costumes colorés « destinés à être activés lors de performances », précise Lola Grunwald. Le 22 juillet, l'artiste effectuera une déambulation de la place de l'Ormeau à la place Gabriel Péri.
La quatrième artiste, Marcelle Germaine, propose un récit sonore sur une quête identitaire. Lauréate de l'appel à candidatures mené avec la Villa Arson de Nice, elle a été choisie en tant qu'alumni pour participer au festival. « Ils sont tous en début de carrière, et font partie d'une génération qui va exploser », prédit la commissaire.
Visibilité et rémunération des artistes
Lola Grunwald insiste sur l'importance de valoriser le travail des artistes : « La visibilité, ce n'est pas une rémunération. Ils ont besoin d'argent, et j'y tiens. » Les œuvres de Max Coulon et Zélie Nguyen sont disponibles à la vente, avec des prix allant de 1 300 à 9 200 euros.
En parallèle des visites gratuites proposées par la commissaire et de la performance de Nefeli Papadimouli, le festival accueille les dimanches 5 et 19 juillet des ateliers de dessins sur modèles vivants.
Un avenir incertain malgré les subventions
L'organisatrice a bénéficié d'une subvention de 10 000 euros de la mairie. « Lola a réussi à amener un nouveau public pour un projet qui diffère de l'offre habituelle », se réjouit Enzo Baudard-Contesse, adjoint à la culture, qui a proposé un retour l'an prochain.
Mais les difficultés d'organisation de cette première édition poussent Lola à réfléchir : « Nous avons dû tout installer nous-même. Nous aurions besoin d'un réel accompagnement technique. » De plus, le lieu actuel, la galerie du Château, pourrait ne plus être disponible. « La mairie est en train de repenser ses aménagements, et le cas de la galerie du Château est encore incertain, affirme Enzo Baudard-Contesse. On réfléchit à d'autres lieux pour les futures expositions, afin de trouver les meilleurs espaces tout en réduisant les dépenses de la commune. »
Si Lola reste ouverte aux propositions de la municipalité, elle songe à prospecter d'autres lieux : « Je voudrais faire grandir le projet, ou le faire voyager. Je rêve d'un festival qui réunit plein de collaborateurs, et qui se déplace d'une année à l'autre. »



