Au château de Coupiac, Thierry Routhe métamorphose le métal en bestiaire
Thierry Routhe expose son bestiaire métallique au château de Coupiac

Jusqu'au 15 août, le château de Coupiac, dans l'Aveyron, accueille les sculptures de l'artiste aveyronnais Thierry Routhe. À travers un étonnant bestiaire façonné à partir de pièces métalliques de récupération, il propose bien plus qu'une exposition : une autre façon de regarder les objets qui nous entourent.

Un bestiaire métallique né du hasard

Au premier coup d'œil, le visiteur découvre une girafe, un rhinocéros ou une sauterelle. En s'approchant, les formes se dévoilent autrement : une poignée de fenêtre devient un long cou, des douilles dessinent des cornes, des billes de roulement prennent la place des yeux. Chez Thierry Routhe, rien n'est caché. Chaque sculpture conserve l'identité des objets qui la composent et raconte une seconde histoire.

Cette aventure artistique est née presque par hasard. Pour Noël, il fabrique une grande sauterelle destinée à sa mère. Le cadeau séduit aussitôt son entourage. Les premières commandes arrivent, puis la passion ne le quittera plus. Aujourd'hui encore, il aime rappeler que cette première création est à l'origine de tout.

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Créer au lieu de jeter : un message écologique

"Je commence toujours par le regard. Si le regard est raté, ça ne sert à rien d'aller plus loin", confie le sculpteur. Dans son atelier, pas de plan ni de moule. Les œuvres prennent forme à l'œil et à l'intuition, au gré des pièces de métal qui semblent trouver naturellement leur place.

Son inspiration est aussi nourrie par son quotidien. Depuis une quinzaine d'années, son activité professionnelle l'amène à côtoyer les déchets et les matériaux destinés au recyclage. Une réalité qui nourrit sa réflexion : "Il y a un vrai message derrière. Quand on voit tout ce qu'on jette, on se dit qu'on peut faire tellement de choses avec."

Transmission et coup de cœur artistique

Au cœur d'un ancien moulin de pierre restauré au fil des générations, l'artiste poursuit une autre forme de transmission. Ses deux filles découvrent à leur tour le travail du métal. Avant même d'apprendre à souder, elles apprennent à observer les pièces, à imaginer ce qu'elles pourraient devenir. Une manière de transmettre un regard autant qu'un savoir-faire.

Parmi les œuvres présentées au château, Thierry Routhe avoue une affection particulière pour la tête de girafe, née d'une simple poignée de fenêtre autour de laquelle sont venus s'assembler, pièce après pièce, des objets métalliques de récupération. Une création emblématique d'un univers où l'imagination transforme l'ordinaire en vivant.

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