Marie Portolano jugée pour diffamation envers Pierre Ménès
Marie Portolano jugée pour diffamation envers Pierre Ménès

La journaliste Marie Portolano, 40 ans, est jugée ce lundi 7 septembre à Paris pour diffamation envers Pierre Ménès, ex-chroniqueur vedette du football qu’elle accuse d’agression sexuelle. L’audience, qui doit se tenir devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, pourrait toutefois être renvoyée à une date ultérieure, la défense de Pierre Ménès ayant demandé son report en raison d’un rendez-vous médical à Rennes, a indiqué Chloé Redon, nouvelle avocate de l’ex-consultant.

Une plainte déposée après la parution du livre « Je suis la femme du plateau »

Pierre Ménès, 63 ans, avait saisi la justice trois mois après la parution du livre de Marie Portolano, « Je suis la femme du plateau », paru en mars 2024 aux éditions Stock. Dans cet ouvrage, la journaliste sportive relatait une agression sexuelle subie sur le plateau de Canal + en 2016. Dans un des deux passages concernés par la plainte, Marie Portolano racontait, sans jamais nommer le chroniqueur : « il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l’entouraient. De toucher qui il voulait, où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l’arrêter ». Dans l’autre passage visé, la journaliste écrit : « Il avoue qu’il l’a fait ».

Un procès qui pourrait être reporté

Le procès pourrait être reporté, la défense de Pierre Ménès ayant demandé son renvoi à une date ultérieure. « Il ne veut pas que cette affaire se plaide, parce que maintenant, il voit que ce n’est pas forcément très bien engagé », a estimé Christophe Bigot, avocat de la journaliste et des éditions Stock, opposé à ce renvoi. L’affaire trouve son origine dans la diffusion retentissante en 2021 du documentaire « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste », co-réalisé par la journaliste sportive pour dénoncer le sexisme du milieu. Ce documentaire avait mis un stop à la carrière de Pierre Ménès à Canal +. Des séquences incriminant le chroniqueur vedette, coupées au montage par Canal + puis déterrées par le média Les Jours, avaient suscité une vive polémique, poussant la chaîne cryptée à mettre fin à près de 12 ans de collaboration.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des images montrant Marie Portolano reprocher à Pierre Ménès de lui avoir soulevé la jupe

Ces images montraient Marie Portolano reprocher à Pierre Ménès de lui avoir soulevé la jupe devant le public du Canal Football Club en 2016. Dans l’extrait, il assurait ne pas s’en souvenir, et affirmait qu’il pourrait le refaire. Selon le média Les Jours, le chroniqueur lui aurait soulevé sa jupe avant de lui attraper les fesses, « hors antenne mais face au public ». Marie Portolano, qui présente désormais La Maison des Maternelles sur France 2, a travaillé quatre saisons pour l’émission Canal Football Club, dans laquelle Pierre Ménès était l’un des chroniqueurs phares. Elle n’a pas porté plainte contre le consultant et a déploré la « chasse à l’homme » qui l’a visé après les révélations, estimant qu’il n’est pas « coupable » de « l’intégralité du sexisme en France ». Le parquet de Nanterre a toutefois ouvert une enquête sur ces faits en 2022. Le procès est prévu le 16 novembre.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Une condamnation précédente pour agression sexuelle

Dans une autre affaire, Pierre Ménès a été condamné en 2023 à deux mois de prison avec sursis pour une agression sexuelle survenue en 2018 dans un magasin Nike. Il a été relaxé de deux autres accusations lors du même jugement. Après l’annonce de la mise en examen de la journaliste pour diffamation en août 2025, un collectif de journalistes avait dénoncé « une inversion de la charge victimaire : au lieu d’entendre la parole d’une femme qui dénonce des violences patriarcales, c’est elle qui se trouve en position d’être attaquée en justice ». « Elle ne devrait pas être poursuivie en diffamation pour ça, alors qu’elle ne fait que témoigner de ce qui lui est arrivé », déclare à l’AFP Christophe Bigot, dénonçant « des tactiques éprouvantes ». Manuel Carcassonne, directeur général des éditions Stock, est également poursuivi dans cette affaire. Lors d’une plainte en diffamation avec constitution de partie civile au pénal, la mise en examen est quasi-automatique et le débat de fond se déroule à l’audience.