Olivier Bouygues jugé pour destruction d'oiseaux protégés
Olivier Bouygues jugé pour destruction d'oiseaux protégés

Le milliardaire Olivier Bouygues et cinq autres prévenus comparaissent lundi 7 et mardi 8 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel d'Orléans pour destruction d'espèces d'oiseaux protégées sur son domaine de chasse en forêt de Sologne. Ils encourent jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.

Un charnier d'oiseaux protégés découvert sur la propriété

Les investigations, ouvertes à la suite d'une dénonciation anonyme, ont révélé des pratiques illégales « en cours depuis de nombreuses années sur le domaine de chasse » d'Olivier Bouygues, selon le ministère public. L'an dernier, les enquêteurs ont découvert sur sa propriété un charnier d'oiseaux protégés, dont des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des busards, des buses variables et des grands cormorans. Ces espèces gêneraient la prolifération du gibier. Plusieurs chats domestiques et sauvages ont également été tués.

Les gendarmes ont aussi retrouvé du matériel prohibé, comme des armes ou une cinquantaine de pièges à mâchoires, interdits depuis 1995, ainsi que des documents listant les espèces à éliminer et retraçant les destructions déjà réalisées. Une pelleteuse utilisée pour l'enfouissement des cadavres d'animaux a été saisie.

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Un procès qualifié d'« exceptionnel »

Les faits présumés se sont déroulés sur un domaine de 600 hectares à La Ferté Saint-Aubin (Loiret), en Sologne, deuxième massif forestier français et terrain de chasse très apprécié des grandes fortunes du pays. Début juillet 2025, à la suite d'une perquisition effectuée quelques semaines plus tôt, plusieurs personnes, dont Olivier Bouygues et le régisseur du domaine, avaient été placées en garde à vue.

Une source proche de l'enquête évoque auprès de l'AFP des faits d'une « gravité extrême » et un procès « exceptionnel ». « Il y a dans cette affaire une forme de professionnalisation de la destruction qui finit par porter atteinte aux équilibres de la biodiversité », résume la procureure de la République d'Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren. Une enquête a été ouverte notamment pour atteinte illicite en bande organisée à la conservation d'une espèce animale protégée ou à son habitat et destruction d'une espèce animale non domestique.

Des faits niés « en tout ou pour partie »

Les faits sont « niés en tout ou pour partie selon les personnes impliquées », rappelle la procureure. « Les éléments recueillis décrivent un système de prime attaché à la destruction des animaux sur le domaine de chasse, parmi lesquels des espèces protégées ». « La circonstance aggravante de bande organisée n'avait jamais été mise en œuvre » jusqu'ici dans ce type de dossier, souligne encore la magistrate.

Contacté par l'AFP, l'entourage d'Olivier Bouygues s'est refusé à tout commentaire. L'audience « doit servir d'exemple », estime le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg. Il décrit « des comportements extrêmement graves qui nuisent à la biodiversité ». « C'est du braconnage de haut vol, on a rarement vu une telle détermination à effacer des espèces qui gêneraient le gibier », a insisté M. Bougrain-Dubourg auprès de l'AFP.

Avec la LPO, une douzaine d'associations de protection de l'environnement se sont constituées parties civiles, tout comme la Fédération départementale des chasseurs du Loiret. « Pour un dossier contrôlé qui va au tribunal, comme celui-ci, beaucoup d'autres ne vont pas au bout, faute de moyens », déplore le président de France Nature Environnement, Antoine Gatet.

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