Sandra Hüller dans « Rose » : un drame historique en noir et blanc
Sandra Hüller dans « Rose » : drame historique en noir et blanc

L'actrice allemande Sandra Hüller est à l'affiche du drame historique « Rose », réalisé par Markus Schleinzer, dès ce mercredi 9 septembre. Elle y incarne un soldat balafré qui s'installe dans un village isolé d'Allemagne au lendemain de la guerre de Trente Ans, cachant son identité derrière un visage marqué par une imposante cicatrice. Ce rôle lui a valu le prix d'interprétation à la Berlinale.

Un personnage ambigu au cœur d'un village méfiant

Dans « Rose », Sandra Hüller joue un mystérieux soldat qui, grâce à son labeur et aux services rendus, gagne progressivement la confiance des villageois. Alors qu'il commence à être considéré comme l'un des leurs, tout bascule lorsque les habitants se mettent à douter de sa véritable identité. Le film, tourné dans un somptueux noir et blanc ultra-stylisé, joue constamment sur les contrastes et crée une atmosphère presque hors du temps, agrémentée d'un propos sur le féminisme et la liberté.

La comédienne, connue pour ses rôles dans « Anatomie d'une chute », « Toni Erdmann », « La Zone d'intérêt » ou encore « Projet Dernière Chance », impose à nouveau le trouble. Elle ne cherche pas la douceur, mais vise surtout à faire sortir les épines de cette Rose sur laquelle l'étau n'a de cesse de se refermer au fil des minutes, d'une manière implacable, à la Haneke.

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Un travail sur l'ambiguïté et la responsabilité des personnages

Interrogée sur son approche des personnages ambigus, Sandra Hüller explique : « Je ne le fais pas de manière pleinement consciente. Je pense que les gens sont naturellement ambigus, ils ne sont pas d'un seul bloc. Quand je joue, j'essaie d'assembler ces différentes facettes. » Elle évoque notamment son travail avec Justine Triet sur « Anatomie d'une chute », où « nous faisions énormément de prises avec des versions très différentes », laissant une marge d'incertitude au montage.

L'actrice, qui a également joué une femme nazie dans « La Zone d'intérêt » de Jonathan Glazer, précise sa démarche pour les figures historiques sombres : « Pour des figures historiques sombres, la démarche consiste surtout à observer ce qu'elles ont fait et à interroger leur responsabilité. » Elle ajoute que jouer des personnages complexes « aide à être plus humaine, à mieux appréhender les gens et à me sentir plus proche d'eux ».

Un tournage sous contraintes techniques fortes

Sandra Hüller aborde également la question des contraintes de mise en scène, notamment le noir et blanc chez Jonathan Glazer ou Paweł Pawlikowski. « Dans l'art, les contraintes sont très intéressantes. Pour un acteur, c'est une bonne chose de connaître les limites de ce que le personnage peut faire », confie-t-elle. Issue du théâtre, elle a l'habitude de se produire sur scène sans savoir exactement où est braqué le projecteur, et trouve sa liberté dans des cadres stricts.

Pour « Rose », le maquillage et l'habillage ont joué un rôle crucial dans la transformation physique. « On appliquait plusieurs bandes adhésives sur la peau, fixées dans les cheveux pour étirer le visage, puis une prothèse par-dessus la cicatrice », détaille l'actrice. Elle souligne que les costumes et l'apparence physique « dictent beaucoup la démarche et la posture », et qu'elle travaille davantage à l'instinct qu'à travers une analyse psychologique théorique.

Un film clinique et maîtrisé, dans la lignée de Michael Haneke

Markus Schleinzer, disciple de Michael Haneke, signe ici son troisième long-métrage. Ayant longtemps travaillé comme directeur de casting auprès de son homologue autrichien, son cinéma est « tout aussi clinique et (presque) autant maîtrisé », selon la critique. « Rose » fait souvent penser au « Ruban Blanc » et offre à Sandra Hüller un nouveau rôle majeur. Le film, d'une durée de 1h34, est une coproduction autrichienne et allemande, avec également Caro Braun et Marisa Growaldt au casting. Il a reçu la note de 4/5 de la part de la rédaction.

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