Michael Schier, un jeune Tchèque de 24 ans, a choisi de se consacrer à l'art de l'affûtage professionnel des couteaux, un métier que beaucoup pensaient disparu. En juillet 2026, il parcourt le département du Var pour faire connaître son activité et casser les idées reçues sur cette profession ancestrale.
Une vocation née de la sculpture sur bois
Rien ne prédestinait Michael Schier à devenir aiguiseur. Excellent sportif, ce Pragois envisageait une carrière dans l'enseignement et continue d'entraîner de jeunes joueurs de tennis quelques heures par semaine. Mais une passion pour la sculpture sur bois a changé son parcours. « C'est en façonnant des sculptures que je me suis rendu compte de l'importance d'avoir un couteau très bien affûté », explique-t-il.
De fil en aiguille, Michael a passé des centaines d'heures à regarder des tutoriels, échanger avec des artisans et expérimenter différentes techniques. « Ma famille, mes amis ont commencé à me demander d'aiguiser leurs couteaux. Petit à petit, j'ai compris que cette activité pouvait devenir bien plus qu'un simple passe-temps », confie-t-il.
Czech Knife Sharpener : une entreprise au service de la durabilité
Il y a quelques mois, Michael a créé sa propre entreprise, Czech Knife Sharpener. À Prague, il démarche restaurants, boucheries et particuliers avec une philosophie simple : prolonger la vie des objets plutôt que de les remplacer. Pour une dizaine d'euros, il redonne en cinq à dix minutes un second souffle à une lame émoussée.
À ceux qui considèrent l'aiguiseur comme un métier d'un autre temps, Michael oppose des arguments concrets : « Un couteau bien entretenu est plus sûr qu'une lame usée, qui oblige à exercer davantage de force et augmente les risques de dérapage. Ensuite, faire affûter régulièrement ses couteaux permet de les conserver durant de très nombreuses années. Une démarche qui s'inscrit pleinement dans une logique de consommation plus durable. »
Un passage dans le Var pour promouvoir son métier
Cet été, Michael Schier a décidé d'allier l'utile à l'agréable. Profitant de ses vacances, il sillonne le Var pour promouvoir son activité. Il espère rencontrer de nouveaux clients, mais surtout échanger avec les habitants autour d'un métier méconnu. À seulement 24 ans, il entend démontrer que certains métiers anciens n'ont jamais cessé d'être utiles.
Le témoignage d'un chef cuisinier
Pour Roithanak Chann, chef du restaurant Asie Délices à Saint-Raphaël, recevoir Michael Schier était une évidence. « Un couteau, c'est le prolongement de la main du cuisinier », résume-t-il. Dans sa cuisine, les lames sont sollicitées du matin au soir. « Nous travaillons énormément de légumes frais, des herbes aromatiques, du poisson, du poulet, du bœuf... Tout est découpé à la main. Il faut donc que les couteaux soient irréprochables. »
Le chef insiste sur la précision qu'exige la cuisine asiatique. « Beaucoup de recettes demandent des lamelles extrêmement fines et régulières. Quand les morceaux sont de même taille, la cuisson est homogène et la présentation est beaucoup plus soignée. Avec une lame mal affûtée, on écrase davantage les aliments qu'on ne les coupe. » Au quotidien, le gain de temps est également appréciable.



