Une première étude sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans en Australie montre que la mesure a eu peu d'impact sur les habitudes des adolescents. Selon des chercheurs de l'Université de Sydney, publiée le 25 juin 2026, seulement 12 % des jeunes interrogés ont déclaré avoir réduit leur temps d'écran après l'entrée en vigueur de la loi en mars 2026.
Une loi symbolique mais contournée
La législation, adoptée en novembre 2025, interdit aux moins de 16 ans l'accès à des plateformes comme TikTok, Instagram et Snapchat sans consentement parental. Cependant, l'étude menée auprès de 1 500 adolescents australiens âgés de 13 à 15 ans révèle que 78 % d'entre eux continuent d'utiliser ces réseaux via des comptes parentaux ou en mentant sur leur âge.
« La loi a un effet symbolique fort, mais dans les faits, les adolescents trouvent facilement des moyens de contournement », explique le Dr. Emily Watson, co-auteure de l'étude. « Sans vérification d'âge robuste, l'impact reste marginal. »
Des exceptions et des critiques
La loi prévoit des exceptions pour les plateformes éducatives comme Google Classroom et YouTube, ce qui complique son application. Les critiques, dont des associations de défense des droits numériques, estiment que la mesure est trop restrictive et qu'elle pourrait priver les jeunes d'un espace social important.
En revanche, 65 % des parents interrogés soutiennent l'interdiction, jugeant qu'elle les aide à mieux contrôler l'usage du numérique de leurs enfants. Le gouvernement australien a promis d'évaluer l'efficacité de la loi d'ici 2027 et d'envisager des amendements.
Un débat international
Cette étude intervient alors que plusieurs pays, dont la France et le Royaume-Uni, envisagent des mesures similaires. En France, une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans est en discussion. Les résultats australiens pourraient influencer ces débats.
« Notre étude montre que l'interdiction seule ne suffit pas », conclut le Dr. Watson. « Il faut accompagner cette mesure d'une éducation au numérique et de meilleurs outils de vérification d'âge. »



