Le conseil de surveillance créé par Meta, maison mère de Facebook et Instagram, a appelé ce jeudi les réseaux sociaux à établir des règles claires et cohérentes concernant la désactivation des comptes, tout en offrant des possibilités de recours aux utilisateurs.
Des recommandations après un cas de menaces
L’organisme a formulé ces recommandations après l’examen de la suppression définitive d’un compte Instagram qui avait proféré des menaces à l’encontre d’une journaliste. Le conseil a estimé que Meta avait eu raison de désactiver ce compte en raison de graves menaces de violence, notamment la publication de photos de la journaliste avec une cible superposée sur son visage. Cependant, ce cas soulève des inquiétudes quant au respect des règles et du principe de proportionnalité dans la gestion des comptes, ainsi que sur la clarté des règles de Meta.
Des plaintes d’utilisateurs en nombre
En plus des quelque 750 observations formelles soumises dans le cadre de cette affaire, le conseil a reçu d’innombrables plaintes d’utilisateurs de Meta qui ont perdu l’accès à leurs comptes. Il se dit préoccupé par le volume et l’urgence de ces demandes.
Conséquences sociales et psychologiques
Être définitivement banni d’un réseau social peut isoler de contacts essentiels dans la vie réelle. Les utilisateurs ont souligné à quel point la perte de leurs comptes avait nui à leur vie sociale, leur santé mentale ou leur bien-être financier.
Des règles trop dispersées
Le conseil de surveillance souligne que les règles de Meta concernant les restrictions ou la suppression de comptes en réponse à des mauvais comportements sont dispersées sur plusieurs pages et se contredisent parfois. Il appelle à des règles plus cohérentes.
Nécessité de transparence
Les utilisateurs ont besoin d’informations claires et les modérateurs d’un ensemble de règles plus cohérent à appliquer, tout en conservant une certaine flexibilité dans certains cas. Même les utilisateurs bannis devraient obtenir des informations sur la règle qu’ils ont enfreinte, ainsi qu’un historique détaillé des mesures prises à leur encontre.
Le conseil de surveillance, une instance indépendante
Composée d’universitaires, d’anciennes personnalités des médias et de figures de la société civile, cette instance indépendante, créée en 2020, est souvent qualifiée de « Cour suprême » de Meta. Elle statue sur les décisions de modération et donne des avis sur les politiques du groupe, qui possède également la messagerie WhatsApp, et constitue le dernier recours des utilisateurs sanctionnés ou bannis par Meta.



