Dans un long texte publié lundi 10 août sur son blog, Mark Zuckerberg, le patron de Meta, a livré un plaidoyer vigoureux en faveur de l'intelligence artificielle (IA), qu'il présente comme un outil indispensable pour « résoudre les grands défis de notre époque ». Il y annonce également la création d'un fonds de 200 millions de dollars (environ 183 millions d'euros) destiné à soutenir les villes qui accueillent ses centres de données.
Un plaidoyer pour l'IA, entre promesses et mises en garde
Dans ce texte, Mark Zuckerberg affirme que l'IA pourrait « guérir des maladies, améliorer l'éducation et lutter contre le changement climatique ». Il estime que ces bénéfices potentiels sont « immenses » et que la recherche dans ce domaine doit se poursuivre « sans frein », tout en reconnaissant la nécessité d'une « régulation intelligente » pour éviter les dérives. Il cite notamment les risques liés à la désinformation, aux biais algorithmiques et à la perte d'emplois.
Le dirigeant de Meta, qui a investi des milliards dans l'IA générative, appelle les gouvernements à « investir massivement dans la recherche fondamentale » et à « créer des cadres réglementaires clairs » pour favoriser l'innovation. Il propose également la mise en place d'un « organisme international de supervision » pour coordonner les efforts en matière de sécurité de l'IA.
Un fonds pour les villes hôtes des data centers
Concrètement, Mark Zuckerberg annonce la création d'un fonds de 200 millions de dollars pour « soutenir les communautés qui accueillent les infrastructures de Meta ». Ce fonds, géré par une organisation indépendante, financera des projets locaux dans les domaines de l'éducation, de la formation professionnelle et de l'infrastructure. Il s'agit, selon lui, de « partager les bénéfices de la révolution de l'IA avec ceux qui en sont les premiers témoins ».
Les villes concernées sont celles où Meta a construit ou construit des centres de données, notamment dans l'Ohio, le Texas, la Géorgie et l'Indiana aux États-Unis, mais aussi dans plusieurs pays européens comme l'Irlande, le Danemark et la Suède. Le fonds pourrait être abondé à l'avenir, en fonction des besoins.
Un contexte de critiques et de concurrence
Cette initiative intervient alors que Meta fait face à de vives critiques concernant l'impact environnemental de ses centres de données, qui consomment d'énormes quantités d'électricité et d'eau. Selon un rapport récent, les data centers de Meta ont consommé plus de 5,4 milliards de litres d'eau en 2023, une hausse de 34 % par rapport à l'année précédente. Les communautés locales s'inquiètent de la pression sur les ressources et de l'augmentation des coûts de l'énergie.
Par ailleurs, Meta est engagé dans une course à l'IA avec des concurrents comme Google, Microsoft et OpenAI. En 2025, l'entreprise a annoncé un investissement de 65 milliards de dollars dans l'IA, principalement pour étendre son infrastructure. Ce plaidoyer pourrait être perçu comme une tentative de rassurer les régulateurs et le public sur les intentions de l'entreprise.
Des réactions mitigées
Les premières réactions à ce plaidoyer sont mitigées. Certains experts saluent la prise de conscience de Mark Zuckerberg sur les risques de l'IA, tandis que d'autres pointent un « greenwashing » et une manœuvre pour détourner l'attention des problèmes posés par ses data centers. « C'est un pas dans la bonne direction, mais il faut des actes concrets, pas seulement des déclarations », a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'ONG Greenpeace.
De son côté, Meta assure que le fonds sera doté d'une gouvernance indépendante et que les projets seront sélectionnés en concertation avec les municipalités. Les premiers appels à projets devraient être lancés dès le début de l'année prochaine.



