Des virus créés par IA : espoir médical et crainte d'armes biologiques
Virus créés par IA : espoir et crainte

Une première mondiale suscite à la fois espoir et appréhension : des scientifiques américains sont parvenus à générer de nouveaux types de virus à l'aide d'une intelligence artificielle. Le New York Times, relayé par Slate, rapporte que cette prouesse technologique pourrait révolutionner la recherche médicale, mais soulève également des inquiétudes quant à un éventuel usage de l'IA pour concevoir des armes biologiques encore plus redoutables que celles connues jusqu'ici.

Une étude publiée dans Science

Les travaux, condensés dans une étude parue le 6 août dans la revue scientifique Science, détaillent la méthode employée par les chercheurs. Basés à Palo Alto, en Californie, ils ont utilisé une IA nommée Evo, dont le fonctionnement s'apparente à celui de ChatGPT. Cette IA a été entraînée sur environ 9 000 milliards de séquences génétiques provenant de millions d'animaux, de plantes, de microbes et de virus. Par mesure de précaution, les virus infectant les humains, les animaux, les plantes et les champignons ont été exclus de l'analyse.

Evo génère 700 000 versions d'un virus

Après cet entraînement massif, les chercheurs ont demandé à Evo de se spécialiser sur un virus particulier : le Phi X-174, qui n'infecte que la bactérie E. coli et ne représente donc aucun danger pour la santé humaine. Grâce aux données accumulées, l'IA a réussi à produire 700 000 nouvelles versions de ce virus. Sur cette base, les scientifiques ont sélectionné les 285 versions les plus prometteuses et les ont testées sur des bactéries. Résultat : 16 versions ont réellement donné naissance à un nouveau virus viable, aussi résistant que l'original. Ces nouveaux virus restent toutefois très similaires à la version de départ.

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Des applications médicales potentielles

Les chercheurs envisagent de réitérer l'expérience avec d'autres virus afin de confirmer l'efficacité d'Evo. À terme, certains de ces virus générés par IA pourraient être bénéfiques pour la médecine, par exemple dans le développement de nouveaux traitements ou de vaccins. Cependant, cette avancée suscite déjà des craintes : certains experts redoutent que l'IA ne soit utilisée pour créer des agents pathogènes mortels, ce qui soulève la question cruciale de la nécessité d'une législation précise en la matière.

Un débat éthique et sécuritaire

Cette découverte intervient dans un contexte où les possibilités offertes par l'IA en biologie de synthèse progressent rapidement. Si les bénéfices potentiels pour la santé sont réels, les risques de détournement à des fins malveillantes ne peuvent être ignorés. Les autorités scientifiques et politiques devront donc encadrer ces nouvelles capacités pour éviter que la recherche ne devienne une menace. L'équipe de Palo Alto insiste sur le fait que les virus créés sont bénins, mais la méthode pourrait être adaptée à des virus plus dangereux, d'où l'appel à une vigilance accrue et à des régulations adaptées.

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