Samuel Tomatis, un ingénieur de 45 ans basé à Marseille, a mis au point un système révolutionnaire de dépollution des océans utilisant des algues. Son invention, testée avec succès dans le port de Marseille, a permis de capturer 80% des microplastiques présents dans l'eau en seulement trois semaines. Une avancée majeure dans la lutte contre la pollution marine, alors que l'ONU estime que 8 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans.
Une idée née d'une observation
Tout commence en 2019, lors d'une plongée près des calanques. Tomatis, également biologiste marin, remarque que certaines algues ont la capacité d'absorber naturellement les particules de plastique. « Je me suis dit que la nature avait peut-être déjà trouvé la solution », explique-t-il. Il passe alors deux ans à développer un procédé qui combine des algues filamenteuses et un système de filtration breveté.
Le dispositif, baptisé « AlguesClean », se présente sous la forme de radeaux flottants de 10 mètres carrés, sur lesquels poussent des algues spécifiques. Ces radeaux sont déployés dans les zones les plus polluées, où ils absorbent les microplastiques tout en produisant de la biomasse. Celle-ci peut ensuite être transformée en biocarburant ou en engrais.
Des résultats encourageants
Les tests menés dans le Vieux-Port de Marseille ont montré une réduction de 80% des microplastiques dans un rayon de 50 mètres autour des radeaux, et ce en trois semaines. « C'est un résultat très prometteur », affirme le professeur Claire Martin, océanographe à l'Institut Méditerranéen d'Océanologie, qui a supervisé les essais. « Mais il faut maintenant valider l'efficacité à plus grande échelle et sur le long terme. »
L'innovation de Tomatis a déjà séduit plusieurs collectivités locales. La ville de Marseille a décidé d'équiper son port de 20 radeaux supplémentaires d'ici la fin de l'année. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a également alloué une subvention de 500 000 euros pour soutenir le déploiement du dispositif. Des discussions sont en cours avec d'autres villes méditerranéennes, comme Barcelone et Gênes.
Un avenir prometteur
Pour Samuel Tomatis, cette invention n'est qu'un début. Il envisage déjà d'adapter son système pour les océans ouverts, où les concentrations de plastique sont plus faibles mais plus étendues. « Nous travaillons sur des versions plus grandes et plus autonomes, capables de naviguer en pleine mer », précise-t-il.
Le coût de production d'un radeau est estimé à 15 000 euros, un prix compétitif comparé aux autres technologies de dépollution, souvent plus coûteuses. Tomatis espère industrialiser son procédé d'ici trois ans et créer une cinquantaine d'emplois dans la région.
Alors que la pollution plastique est devenue un enjeu mondial, cette innovation française offre une lueur d'espoir. Elle démontre que la nature, si on sait l'observer, peut nous fournir des solutions durables. Une leçon que Samuel Tomatis résume en une phrase : « Il fallait l'inventer, la nature l'avait déjà fait. »



