La start-up Monacoeur, co-dirigée par Laurent Corso, développe une technologie d'authentification biométrique basée sur le rythme cardiaque. Grâce à des capteurs haute fréquence de 1 000 Hz et à l'intelligence artificielle, le système permet d'identifier une personne de manière unique. L'entreprise espère nouer des partenariats institutionnels à Monaco, notamment avec le CHPG ou le centre cardio-thoracique.
Une technologie issue d'une thèse en cybersécurité
L'invention est née des travaux de Benjamin Vignau, chercheur en cybersécurité. Il l'a développée dans le cadre de sa thèse, avant de créer une première start-up en France nommée Coeur-net. « Cela faisait partie de ses études avant de monter une start-up en France appelée Coeur-net. Pendant quatre ans il a développé cette technologie de manière indépendante avec les meilleurs codeurs français. Le plus long a été de créer l'algorithme et de reconnaître parfaitement la personne », explique Laurent Corso. Après leur rencontre, ils ont monté Monacoeur pour finaliser la recherche et développement.
La technologie fonctionne déjà, mais doit encore être miniaturisée. « Aujourd'hui, la technologie fonctionne, il nous reste à la miniaturiser », précise le co-dirigeant. Le support choisi est un bracelet, déjà testé dans le secteur bancaire français. « On aurait pu utiliser autre chose comme des lunettes. On a déjà une vingtaine de bracelets tests dans certaines banques en France qui permettent de s'authentifier et de procéder à des virements », ajoute-t-il.
Une réponse à la norme européenne Nis2
Monacoeur met en avant sa conformité avec la nouvelle norme européenne Nis2, une réglementation sur la cybersécurité visant à renforcer la résilience des organisations publiques et privées face aux cybermenaces dans l'Union européenne. Selon Laurent Corso, cette technologie fait de l'ombre à la reconnaissance faciale et rétinienne, qui deviennent progressivement perméables aux cyberattaques.
Chaque personne possède une signature cardiaque unique. « Ce qu'on propose, c'est de capter le rythme cardiaque au travers de capteurs haute fréquence de 1 000 Hz. À partir du moment où on a cette information, on va pouvoir la transmettre à une intelligence artificielle qui va reconnaître si oui ou non c'est bien la bonne personne qui peut déverrouiller une application, se connecter à son poste de travail ou même accéder à une infrastructure sécurisée », détaille le co-dirigeant.
Des applications potentielles en cardiologie
La start-up envisage aussi d'utiliser sa technologie dans le secteur de la santé. « Le signal cardiaque est tellement précis qu'il est exploitable en cardiologie, avance Laurent Corso. On l'a présenté à des cardiologues qui étaient extrêmement surpris de la définition de l'électrocardiogramme, à tel point qu'on pourrait déceler des problèmes liés au cœur jusqu'à six heures après l'ECG. »
Pour l'instant, l'entreprise cherche des partenariats avec des entités monégasques. « On cherche des partenariats avec une entreprise à l'échelle institutionnelle comme le CHPG pour pouvoir poser 50 ou 100 pièces et travailler avec eux sur les remontées d'informations. Cela pourrait être avec le centre cardio-thoracique également, avec l'objectif de finaliser la partie recherche et développement de ce bracelet », indique Laurent Corso.
Le bracelet doit encore être perfectionné pour répondre à la demande des clients. « Pour l'instant, c'est un gros bracelet qui fonctionne mais on doit le parfaire pour répondre à la demande clientèle : sa couleur, sa taille, avec ou sans écran », précise-t-il.
La technologie s'adresse d'abord aux entreprises, mais les particuliers ne sont pas exclus. « Pour eux, on passera par une très grosse entreprise comme Google. L'objectif est de développer tout le montage et l'industrialisation à Monaco, ma patrie d'adoption », conclut Laurent Corso.



