Uber a été condamné à une amende de 825 millions d'euros par les autorités néerlandaises pour avoir suspendu de manière automatisée des chauffeurs sans intervention humaine. Cette sanction, annoncée le 21 août 2026, constitue l'une des plus lourdes jamais infligées à une entreprise de technologie de transport.
Une sanction historique pour suspension automatisée
L'autorité néerlandaise de protection des données (Autoriteit Persoonsgegevens, AP) a imposé cette amende après avoir constaté qu'Uber avait utilisé un algorithme pour suspendre des chauffeurs en cas de fraude présumée, sans examen humain préalable. Selon l'AP, ce système automatisé a affecté des milliers de chauffeurs en Europe, en violation du règlement général sur la protection des données (RGPD).
L'enquête a révélé que les suspensions étaient basées sur des données personnelles, notamment des informations de localisation et des historiques de courses, sans que les chauffeurs puissent contester la décision de manière effective. L'AP a souligné qu'Uber n'avait pas mis en place de procédure de contrôle humain adéquate, ce qui a conduit à des suspensions injustifiées pour certains chauffeurs.
Une amende record et des implications pour le secteur
Cette amende de 825 millions d'euros est la plus élevée jamais prononcée par l'AP, dépassant les sanctions précédentes contre des géants de la tech. Selon l'autorité, Uber a également été sommé de modifier ses pratiques sous peine de sanctions supplémentaires. L'entreprise a annoncé son intention de faire appel, arguant que son système de détection de fraude était conforme aux réglementations en vigueur.
Cette décision intervient dans un contexte de surveillance accrue des algorithmes utilisés par les plateformes numériques. Elle pourrait avoir des répercussions sur d'autres entreprises de transport et de livraison qui utilisent des systèmes automatisés pour gérer leurs travailleurs. Les experts juridiques estiment que cette affaire pourrait établir un précédent en matière de responsabilité algorithmique en Europe.
Réactions et conséquences pour Uber
L'AP a indiqué que les chauffeurs concernés pourraient demander réparation, et que l'entreprise devrait mettre en place des mécanismes de recours humains. Uber, de son côté, a affirmé que ses procédures visaient à protéger les utilisateurs contre la fraude, mais a reconnu la nécessité d'améliorer la transparence.
Cette amende s'ajoute aux défis réglementaires auxquels Uber fait face en Europe, notamment sur le statut des chauffeurs et le partage des données. L'entreprise devra se conformer à cette décision ou risquer des sanctions supplémentaires, ce qui pourrait affecter ses opérations dans la région.



