Piratage des impôts : peu de ministères au niveau requis face aux cyberattaques, selon Lecornu
Piratage des impôts : peu de ministères au niveau requis, dit Lecornu

Le ministre chargé des comptes publics, Sébastien Lecornu, a reconnu mercredi 19 août que « peu de ministères sont au niveau requis » face aux cyberattaques, après le piratage massif du site internet des impôts survenu la semaine précédente. Cette déclaration, faite lors d'une audition à l'Assemblée nationale, intervient alors que des millions de contribuables ont vu leurs données personnelles compromises.

Un constat alarmant sur la préparation des administrations

Interrogé par les députés de la commission des Finances, Sébastien Lecornu a précisé que seuls « trois ou quatre ministères » disposent actuellement d'une cybersécurité « au niveau requis ». Il a cité les ministères de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères comme étant parmi les mieux préparés, mais a souligné que les autres, notamment ceux en charge des services publics de masse, restent vulnérables.

« Nous avons un vrai problème de maturité numérique dans l'administration », a-t-il ajouté, selon le compte rendu de l'audition. Le ministre a indiqué que le piratage du site impots.gouv.fr, qui a touché environ 10 millions de contribuables, a révélé des failles structurelles. « Les données dérobées incluent des noms, des adresses et des numéros fiscaux », a-t-il précisé, sans confirmer la fuite de coordonnées bancaires.

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Des mesures d'urgence et un plan de renforcement

Face à cette situation, Sébastien Lecornu a annoncé le déblocage de 150 millions d'euros supplémentaires pour la cybersécurité de l'État, dont 50 millions destinés spécifiquement à la direction générale des Finances publiques (DGFiP). « Nous devons recruter des experts et moderniser nos infrastructures », a-t-il expliqué, en évoquant un plan de recrutement de 200 ingénieurs spécialisés d'ici 2027.

Le ministre a également révélé que l'attaque du site des impôts, revendiquée par un groupe de hackers se faisant appeler « CyberDragon », a été rendue possible par l'exploitation d'une vulnérabilité non corrigée dans un logiciel tiers. « L'enquête de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) est en cours, mais nous savons déjà que la faille était connue depuis plusieurs mois », a-t-il déploré.

Un plan d'action interministériel en préparation

Pour remédier à ces lacunes, Sébastien Lecornu a promis la mise en place d'un « choc de cybersécurité » dans l'ensemble des ministères. « D'ici la fin de l'année, chaque ministère devra avoir un plan de cybersécurité approuvé par l'Anssi », a-t-il annoncé. Il a également évoqué la création d'une « task force » interministérielle chargée de coordonner les réponses aux incidents.

Le ministre a conclu en appelant à une prise de conscience collective : « Nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir des administrations qui ne sont pas au niveau. La menace est permanente et elle évolue. » Le gouvernement prévoit de présenter un projet de loi sur la cybersécurité des administrations à l'automne, afin de renforcer les obligations et les sanctions en cas de négligence.

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