Cryptomonnaies : explosion des séquestrations violentes en France
Séquestrations liées aux cryptos : +270% en un an

Une augmentation alarmante des séquestrations liées aux cryptomonnaies

Depuis le début de l'année 2026, deux affaires de séquestration violente en lien avec les cryptomonnaies sont instruites à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux. Ce phénomène, en pleine expansion, inquiète les autorités, notamment la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ). En 2024, seuls dix-huit faits d'enlèvement et séquestration liés aux cryptomonnaies avaient été recensés en France. Ce chiffre est passé à 67 en 2025, et depuis le début de l'année 2026, plus d'une quarantaine de cas ont déjà été enregistrés, dont deux sur le territoire de compétence de la Jirs de Bordeaux.

Des affaires récentes marquantes

Parmi les cas récents, une affaire à Anglet en janvier 2026 et une autre à Péchabou, près de Toulouse, fin mars 2026. En décembre 2025, à Dompierre-sur-Mer, en Charente-Maritime, trois malfaiteurs cagoulés se sont introduits de nuit au domicile d'un couple et ont extorqué, sous la violence, huit millions d'euros en cryptomonnaies. Les suspects ont été interpellés par les gendarmes dans le cadre d'une enquête confiée à la Jirs de Rennes.

Des auteurs jeunes et recrutés sur les réseaux sociaux

Le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, décrit ces individus comme jeunes, ultraviolents, agissant pour des commanditaires après avoir été recrutés sur les réseaux sociaux. Certains sont mineurs et passent à l'action pour quelques centaines d'euros. Ces équipes, appelées « jobbeurs », font preuve d'amateurisme lors de l'exécution de contrats. Armés, ils n'hésitent pas à tabasser les victimes pour obtenir les codes de leurs portefeuilles de cryptomonnaies. Des armes de guerre, dont un fusil d'assaut AK-47, ont été saisies par les gendarmes de la section de recherches (SR) de Toulouse.

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Des victimes ciblées et des méthodes violentes

Le colonel Mikaël Petit, commandant la SR de Toulouse, explique que ces personnes exécutent des missions où on leur demande de séquestrer quelqu'un comme on propose une offre d'emploi. Il constate une banalisation de l'usage des armes. Les victimes sont généralement ciblées par les commanditaires, qui récupèrent leurs données personnelles et leur patrimoine en cryptoactifs après une fuite de données de l'application d'aide à la déclaration fiscale Waltio. Parfois, les données ne sont pas mises à jour, comme à Anglet, où la personne recherchée avait déménagé depuis près de dix ans.

À Péchabou, le 23 mars 2026, une femme de 57 ans a ouvert sa porte à un faux livreur, accompagné de complices masqués et lourdement armés. Ils ont réussi à transférer 68 000 euros en cryptomonnaie et ont emporté des bijoux et du numéraire.

Des armes de guerre saisies

Les gendarmes de la SR de Toulouse ont rapidement identifié et retrouvé le véhicule des auteurs, stationné à Aubagne (13). Une semaine après les faits, le véhicule a été pris en chasse puis abandonné. À l'intérieur, deux armes de guerre, dont un fusil d'assaut AK-47, ont été découvertes. Selon Renaud Gaudeul, elles étaient prêtes à l'emploi et l'enquête a révélé que les auteurs prévoyaient une action violente de représailles contre les occupants d'un commerce à Nîmes. La plupart des protagonistes ont été mis en examen et placés en détention provisoire. La séquestration et l'extorsion en bande organisée avec arme leur font encourir la réclusion criminelle à perpétuité.

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